Les vignerons de Bordeaux se sont mis d’accord, le 8 avril, avec l’aval sur le principe d’un « contrat de filière » intégrant l’idée d’indicateurs pour déterminer le juste prix de leur production.
Une réunion « fondatrice » s’est déroulée le 8 avril à Bordeaux. D’après le CIVB (interprofession), qui avait convié producteurs, distributeurs, syndicats et l’État, un « point crucial » a été partagé par « tout le monde », celui d’une « juste valorisation du travail du viticulteur ». « Cela s’inscrirait dans un contrat de filière […] en se servant de certains indicateurs objectifs, qui sont à définir et serviraient de base sur la détermination du prix », a déclaré le président Allan Sichel, lors d’une conférence de presse. « Tous les opérateurs sont d’accord pour travailler dessus », a-t-il ajouté à l’issue de cette réunion, qu’il a qualifiée de « fondatrice », saluant la « bonne volonté » des enseignes de la grande distribution présentes, comme Carrefour, Auchan ou Intermarché. Pour le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux, l’intégration d’indicateurs dans la fixation des prix doit encore être « sécurisée » et une évolution légale sera sans doute nécessaire. L’interprofession vise en particulier la prochaine réforme de la loi Egalim, qui fait actuellement l’objet d’une mission parlementaire.
« Faire évoluer Egalim »
« Faire évoluer Egalim », dont le vin est exempté de plusieurs dispositifs : le CIVB avait annoncé son objectif le 12 mars, indiquant avoir écrit au Premier ministre afin de participer aux travaux sur la loi. Ses revendications portent sur « la construction du prix en marche avant », « un rôle central pour les indicateurs des coûts de production » dans la formation du prix, « une expérimentation des évolutions législatives » à venir dans le périmètre du CIVB et avec ses indicateurs.
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Le plus grand vignoble AOC de France (103 000 ha) a été frappé, ces derniers mois, par un effondrement du prix du vrac. Mais les vignerons sont encouragés par une décision du tribunal de commerce de Bordeaux, qui a condamné fin février des négociants accusés d’avoir violé la loi Egalim en achetant du vin en vrac à un tarif jugé « abusivement bas ». Surtout, la filière a relevé les déclarations d’Emmanuel Macron préconisant des prix agricoles « plancher ». Une proposition de loi écologiste en ce sens a été adoptée en première lecture le 4 avril à l’Assemblée nationale, mais sans que le texte ne convienne au gouvernement, ni aux députés de la majorité présidentielle. Pour l’heure, « un prix plancher qui s’appliquerait à tous les vins de Bordeaux serait problématique », considère Léna Sersiron, associée au sein du cabinet Baker McKenzie. En 2018, l’Autorité de la concurrence avait par exemple sanctionné un syndicat des côtes-du-Rhône pour avoir élaboré des grilles de prix minimum.