Selon une note de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée le 11 décembre, un prix plancher sur la matière première agricole « peut être source d’efficacité dans les filières où les agriculteurs font face à des acheteurs ayant du pouvoir de monopsone, c’est-à-dire étant capables de peser négativement sur les prix », comme la filière laitière. Les économistes Rémi Avignon (Inrae) et Etienne Guigue (LMU Munich) imaginent des prix plancher différents de ceux mis en place dans le cadre de la PAC des années 1970 et 1980. « La mise en place de prix planchers supérieurs aux prix concurrentiels conduit nécessairement à un déséquilibre entre offre et demande », soulignent les auteurs. Ainsi, un prix plancher tel qu’évoqué dans la note serait « indexé sur les cours internationaux des denrées agricoles ». Cette condition permettrait de « conduire à une meilleure rémunération des agriculteurs sans nécessairement nuire aux consommateurs ». En revanche, il impliquerait une réduction des marges des industriels à l’achat de matière première.
Plus encore, les auteurs estiment que le prix plancher peut « améliorer l’efficacité des politiques de soutien de l’offre agricole », en empêchant le transfert des aides aux acteurs de l’aval. En effet, en situation de monopsone, « les subventions peuvent être partiellement captées par les industriels ayant du pouvoir de marché », expliquent-ils.
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Une analyse de la situation de la filière laitière amène les économistes à conclure que le lait pourrait faire l’objet d’un prix plancher, étant donné la concentration des acteurs de l’aval et leur capacité à peser sur les prix à la baisse. À noter que l’étude porte sur des données de la période 2003-2018, donc avant les lois Egalim. Les auteurs soulèvent cependant qu’un prix plancher pourrait déstabiliser la filière à court terme, en fragilisant les petits transformateurs et, à plus long terme, en renforçant la concentration.