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Marchés mondiaux du grain Prix : un potentiel de hausse limité

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Une bonne demande à l’international soutient le cours du blé. Son potentiel de hausse reste limité par la pression du maïs, dont la récolte mondiale s’annonce à un niveau record. Côté oléagineux, le colza bénéficie du rythme élevé des ventes de soja américain.

«Le blé s’est réveillé, voyant le retard du maïs », note Alexandre Marie, responsable de l’analyse des marchés chez Vivescia. Son prix a franchi, mi-octobre, la barre des 200 euros/t sur Euronext. « Le marché céréalier s’inscrit à la hausse, mais une pression du maïs est en vue d’ici la mi/fin novembre, poursuit-il. On s’attend à une production record au niveau mondial. Bien qu’une baisse des prix se profile, elle se fait attendre. » L’accélération des récoltes aux Etats-Unis et en Ukraine semble toutefois précipiter le recul des cours du maïs avec, le 30 octobre en début d’après-midi, 172,25 euros/t sur l’échéance rapprochée. Partout dans l’hémisphère nord, les dernières coupes affichent deux à trois semaines de retard. Cela complique la « soudure » entre l’ancienne et la nouvelle récolte. Le blé et l’orge en profitent, sous l’effet d’un report de la demande. Autre élément haussier, des inquiétudes apparaissent sur les récoltes dans l’hémisphère sud. Un « weather market » joue sur les transactions. D’assez bonnes prévisions de récolte viennent d’Australie. Mais certains modèles météorologiques annoncent de fortes températures et un manque de pluie sur le continent.
 
Des exportations à plein régime
« Depuis le début de campagne, le principal facteur de soutien du marché du blé est la dynamique des échanges internationaux », peut-on lire dans l’hebdomadaire diffusé par Coop de France. Les exportations tournent à plein régime. Aux Etats-Unis, elles affichent quelque 19 Mt, soit une bonne part des 30 Mt visés pour cette céréale en 2013/14, indique la même source. L’Union européenne n’est pas en reste, avec des certificats attribués pour 8,4 Mt de blé tendre, un niveau record, selon les relevés d’Inter-Courtage. Une bonne demande à l’international raffermit les cours. Les achats de blé par la Chine constituent une surprise des premiers mois de campagne. « On anticipe un prix du blé entre 200 et 215 euros/t, sa hausse restant limitée par la pression du maïs », considère Alexandre Marie.
 
Le bassin de la Mer Noire en retrait
L’affaiblissement rapide de la compétition des pays du bassin de la Mer Noire participe au soutien des cours. En Russie comme en Ukraine, les stocks ont besoin d’être reconstitués. Des difficultés logistiques interviennent aussi. « Les agriculteurs font de la rétention, ajoute Alexandre Marie. Avec de la trésorerie en poche, leur stratégie est d’attendre une hausse des prix. Ils ont conscience d’avoir les clés du marché export. » La perte de compétitivité de la mer Noire au deuxième semestre 2013/14 annule le désavantage de l’euro fort pour les exportateurs de l’UE.
 
Une forte demande en soja
Côté oléagineux, les cours du colza bénéficient de la bonne demande internationale en soja, qui contrecarre l’effet lié à la pression de récolte outre-Atlantique. Les Américains ont déjà engagé fin octobre près de 80 % de leur production. Leur récolte n’est pourtant pas achevée. D’où les tensions sur le marché. Elles sont accentuées par les taxes sur le biodiesel décidées par Bruxelles vis-à-vis des origines argentines et indonésiennes. « Le colza devrait évoluer entre 370 et 400 euros/t, juge Alexandre Marie. Il est soutenu par un marché du soja particulièrement tendu. Attention à d’éventuels accidents météo en Amérique du Sud. »

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