Les trois syndicalistes de la CFDT Agro Bretagne poursuivis pour diffamation par le grossiste de fruits et légumes Chéritel seront fixés sur leur sort le 20 mai, selon une dépêche de l’AFP le 18 mars. Durant l’audience qui s’est déroulée l’après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris, le gérant Jean Chéritel a reproché la « violence inouïe » d’un communiqué diffusé sur Facebook – en septembre 2017 – l’accusant « d’esclavage moderne ».
Les trois militants CFDT à l’origine du communiqué dénonçaient des abus de Chéritel quant aux conditions d’emploi et de travail de travailleurs bulgares (frais de déplacement à la charge des employés, postes occupés de manière permanente, non-paiement d’heures supplémentaires, conditions de logements indignes…). Ceci, en contradiction avec la législation européenne sur le travail détaché.
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Ces faits ont valu à Cheritel d’être condamné en première instance, en décembre 2018, par le tribunal de Saint-Brieuc, rappelle l’AFP. L’entreprise, qui a depuis fait appel de cette décision, avait été condamnée à 261 500 euros d’amende et interdiction de recourir à une entreprise de sous-traitance de main-d’œuvre pendant deux ans. Son gérant avait écopé de deux mois de prison avec sursis.
L’avocat des militants, Laurent Beziz, a reconnu que l’expression "esclavage moderne" était « rude » mais que « ce qui est en question ce sont les atteintes au droit du travail », rapporte l’AFP. Quant à la procureure, elle a insisté sur la « liberté d’expression syndicale ». Les trois militants ont demandé la relaxe, tandis que Chéritel requiert « 10 000 euros de dommages et intérêts » à chaque prévenu.