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UE/Fruits et légumes Producteurs et transformateurs réclament des mesures de soutien de l’UE

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La solution à la crise actuelle du secteur des fruits et légumes doit être équilibrée, collective et ne doit pas se faire au détriment d’une filière particulière dans la chaîne d’approvisionnement. C’est le principal avertissement du groupe consultatif « fruits et légumes » de l’UE qui vient d’adopter une résolution sur la situation difficile que traverse ce secteur. Exprimant les points de vue des producteurs/transformateurs/exportateurs de fruits et légumes, cette résolution réclame notamment « une stratégie ambitieuse de l’UE » soutenant à la fois les producteurs et les transformateurs de fruits et de légumes au sein du marché unique.

La situation actuelle exige une solide politique agricole commune capable de soutenir le secteur des fruits et légumes car, dans le cas contraire, la sécurité d’approvisionnement dans l’UE pourrait en pâtir et ruinerait plus de 40 ans d’efforts de la PAC pour assurer un approvisionnement stable et des prix équitables pour les consommateurs. C’est que qu’affirme le groupe consultatif « fruits et légumes » de l’UE dans une résolution qu’il a adoptée le 4 juin. Regroupant les représentants des producteurs, des transformateurs et des exportateurs de fruits et légumes de l’UE, ce groupe rappelle que le secteur est « un contributeur majeur en termes de production agricole de l’UE, d’emploi (production/transformation/exportations) et de services environnementaux ». Le groupe précise qu’en dépit d’« une contribution de 17% à la valeur de la production agricole de l’UE, le secteur ne représente que 3,1% du budget de la PAC ». Selon le texte de la résolution, les opérateurs sont exposés « à des coûts de production accrus » et « aussi bien producteurs que transformateurs font face à une concurrence accrue des pays tiers qui ont souvent des coûts de production inférieurs ». En outre, en raison de la crise financière et économique, les conditions d’exportation ont été compliquées, « en raison principalement de l’absence d’une boîte à outils d’exportation efficace ».
A cause de la fragmentation de la production et des opérateurs du commerce, souligne aussi la résolution, « il y a un déséquilibre dans la chaîne d’approvisionnement de fruits et légumes, avec un pouvoir de négociation largement favorable au secteur de la distribution fortement concentré ». Le groupe consultatif déplore par ailleurs que la consommation de fruits et légumes « stagne et reste en dessous du niveau minimum recommandé par l’OMS (400 gr/jour) dans la plupart des États membres malgré les appels répétés des pouvoirs publics et de la communauté scientifique pour accroître la consommation de fruits et de légumes ».

Pertes de marché pour l’industrie de transformation
En ce qui concerne plus particulièrement le secteur de la transformation, le groupe consultatif constate que celui-ci « est confronté à une période difficile dans la mesure où aucune infrastructure n’est exploitée à pleine capacité et que de plus en plus d’usines ferment leurs portes ». L’industrie de la transformation de l’UE perd également du terrain sur les marchés d’exportation où la concurrence internationale se développe rapidement. La résolution préconise que « l’UE utilise ses mécanismes de défense commerciale pour garantir une concurrence loyale sur les marchés de l’UE et qu’elle s’efforce de maintenir une approche équilibrée au niveau de l’OMC ». Les marchés intérieurs et extérieurs doivent également être « suffisamment diversifiés, notamment en explorant de nouveaux débouchés pour les fruits et légumes » et une stratégie d’exportation de l’UE doit être développée pour stimuler les exportations ». Les instruments de promotion doivent également être renforcés. Sur le marché domestique, les services de restauration devraient être développés dans la mesure où ils représentent un marché prometteur pour les fruits et légumes. Il faudrait également investir dans l’innovation et envisager de faire des changements en ce qui concerne les règles d’adjudication publique.
La résolution demande par ailleurs que le soutien de l’UE aux organisations de producteurs (programme opérationnel et crédits) dans le secteur des fruits et légumes soit maintenu et que les outils actuels de prévention et de gestion de crise du marché soient réexaminés d’urgence afin de faire face aux fluctuations du marché. Il est également nécessaire d’augmenter le volume des retraits jusqu’à 10% ainsi que les compensations liées à ces retraits.
La résolution adoptée doit encore être visée par les instances dirigeantes de la CIAA/Profel (ex-OEITFL), du Celcaa(Comité européen de liaison des commerces agroalimentaires/Freshfel) et du Copa-Cogeca. Elle sera présentée par la suite au commissaire européen de l’agriculture Dacian Ciolos.

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