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Chine Production de viande chinoise : entre autosuffisance et importations

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Les autorités chinoises visent l’autosuffisance, notamment en filière viande. Pour le moment, les exportations européennes et françaises sont moindres. Néanmoins, des opportunités pourraient être saisies.

Face à une production chinoise de viande historiquement « atomisée » entre de nombreuses petites exploitations familiales (qui représentent 60% des ventes d’animaux), des unités de production de taille industrielle se mettent place. « Le nombre de petites structures va diminuer », explique Jan Peter Van Ferneij, responsable de la veille économique internationale à l’Ifip (institut technique du porc). De fait, les experts sont unanimes : les pouvoirs publics soutiennent le mouvement de concentration de la production. Parallèlement, ils rappellent que le recul des petites exploitations pourrait entraîner une hausse du taux de chômage en milieu rural, mais soulignent aussi qu’entre ces deux types d’exploitations, « il y a toujours eu une cohabitation ». L’enjeu est considérable : en 2011, la Chine représente 50% de la production de viande porcine mondiale et 8% de la viande bovine. Elle est aussi une consommatrice de viande (4,5 kg/an/habitant en 2011) en croissance. Principalement de viande porcine ce qui explique sa part dans la production chinoise (63% de la production de viande). Pour la suite, selon les experts, la demande chinoise devrait progresser avec l’augmentation des revenus, l’urbanisation, l’accroissement de la population et les évolutions du régime alimentaire.

Entre autosuffisance et importations
Pour le gouvernement chinois, l’autosuffisance alimentaire est un objectif affiché. « Les importations officielles de viande bovine sont inférieures à 1% de la consommation », souligne Jean-Marc Chaumet, agro-économiste au département Economie de l’Idele (institut de l’élevage). Ce choix politique semble s’opposer à l’émergence d’éventuelles opportunités pour l’Union européenne et la France d’exporter vers la Chine. Sauf que, en filière porcine, les experts rappellent les occasions récentes (besoin ponctuel de la Chine comme cela a été le cas en 2011) et évoquent, à moyen terme, les « marchés de niches » (productions à haute valeur ajoutée par exemple), ainsi que les attentes de la population chinoise en termes de sécurité des aliments auxquelles pourraient répondre les produits importés. En filière bovine, seules les exportations de semences bovines sont autorisées, mais les experts évoquent également des opportunités en « marchés de niches », en animaux vivants et en abats. Reste encore à lever les barrières politiques et sanitaires.

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