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Edito Produits de base

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Jacques Attali, dans son rapport sur la « libération de la croissance française », a sans conteste brossé un tableau très complet des blocages que connaît la France et de ce qu’il faut « dynamiter » avant de reconstruire la croissance. Quitte à accorder un peu trop de confiance dans le principe de la dérégulation appliqué aveuglément. Cette dérégulation, notamment dans les relations commerciales n’a pas forcément toutes les vertus dynamisantes qu’on lui prête aujourd’hui.

Surtout, le rapport Attali semble faire des nouvelles technologies le ressort essentiel de la croissance actuelle et future de la planète. Or, dans la réalité, cette croissance est fondée aux trois quarts sur une demande de produits de base, alimentaires ou industriels, émanant des pays émergents. Pourtant, on cherche en vain, dans ce travail, des indications sur la manière dont la France peut participer à cette croissance. Manifestement, Jacques Attali est plus passionné par les marchés des produits numériques et biotechnologiques que par l’acier et le blé.

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À tant vouloir anticiper sur le futur, on passe parfois à côté du présent. Le même problème se pose au niveau européen. Certes, les Britanniques ont raison lorsqu’ils disent qu’il faut créer et financer une recherche européenne. Mais il ne faut pas forcément prendre, pour cela, sur des budgets comme l’agriculture qui reste ou redevient un élément stratégique de l’Europe dans un monde aux besoins croissants.

Les Américains, sur cette question, ne font pas la même erreur. Ils savent, à l’évidence, dynamiser leur « high tech’ » mais sans jamais sacrifier leurs politiques consacrées aux produits de base.