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Commerce extérieur agroalimentaire Profiter du patrimoine gastronomique français pour doper l’exportation

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Le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, a annoncé le 22 décembre, sur le marché international de Rungis, un plan d’action pour doper l’exportation agroalimentaire, en profitant de la toute récente inscription de la gastronomie française au patrimoine immatériel de l’humanité. Cible de choix : les pays à forte croissance économique.

Le gouvernement lancera et détaillera en janvier un plan d’action du gouvernement pour dynamiser l’export agroalimentaire, a indiqué Pierre Lellouche à la presse, visitant le marché international de Rungis avec le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. L’objectif est de saisir les nombreuses opportunités de marché, qui se présentent notamment dans les pays émergents, comme a su le faire l’Allemagne, a indiqué Pierre Lellouche. « L’Allemagne nous a ravi en 2007 notre place de premier exportateur agroalimentaire de l’UE, cela doit nous interpeller », a-t-il commenté.

Valoriser l’inscription au patrimoine immatériel de l’humanité

Pourtant, le commerce extérieur agroalimentaire français est déjà « tiré par les marchés émergents, en particulier asiatiques » : + 48% sur la Chine sur les neuf premiers mois de l’année, + 37% sur Singapour et + 58% sur Hong-Kong. Mais il peut faire mieux, et mieux que son voisin d’outre-Rhin, selon le secrétaire d’État au Commerce extérieur, parce que les produits agroalimentaires hexagonaux bénéficient d’une image de qualité à travers le monde. Une image qui a été renforcée par l’inscription du « repas gastronomique des Français », le 19 novembre dernier, au patrimoine immatériel de l’humanité, par l’Unesco, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.
Le secrétaire d’État a annoncé la volonté du gouvernement de mettre en œuvre « dès le début de 2011 » un plan d’action mobilisant tous les acteurs concernés par l’exportation agroalimentaire : Ubifrance (agence française du commerce extérieur), Sopexa (agence de promotion des exportations agroalimentaires), les CCI (chambres de commerce et d’industrie). Avec l’appui de syndicats professionnels de producteurs, de transformateurs, de chefs cuisiniers, ainsi que de personnalités comme Jean-Robert Pitte, géographe français, spécialiste du paysage et de la gastronomie et ancien président de la Sorbonne. Sans oublier des nutritionnistes, pour rappeler que le modèle alimentaire français engendre moins l’obésité que d’autres, aux produits plus standardisés.

Bruno Le Maire : la gastronomie française va bien au-delà du folklore culinaire

Le plan d’action du gouvernement consistera en un programme de promotion dans de nombreux pays du monde : diffusion d’un label « gastronomie française/patrimoine de l’humanité » dans 170 salons ou foires alimentaires à l’étranger, lancement d’une semaine mondiale de la gastronomie française dans 12 pays, création de clips et d’un site internet (« www.le-repas-francais.com »). Les points précis du programme seront dévoilés par le gouvernement en janvier.
« Non, la gastronomie française n’est pas du folklore culinaire. C’est toute l’excellence agroalimentaire française qui est concernée, avec comme enjeu l’exportation et des centaines de milliers d’emplois, comme dans le secteur de l’automobile ou de l’aéronautique » dans la production, la transformation et les arts de la table, a expliqué Bruno Le Maire, lors d’un point presse, visitant un des pavillons de Rungis, le même jour. « Derrière les arts de la table il y a la qualité des produits de l’agriculture. Avant d’avoir de bonnes assiettes, il faut de bons produits, fabriqués avec un savoir-faire particulier, pour obtenir une texture et un goût particuliers », qui font que la gastronomie française est reconnue, parmi la gastronomie italienne, indienne, chinoise, a soutenu le ministre de l’Agriculture.

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