Après le tabac, le vin. Le Conseil de modération et de prévention de l’alcoolisme que prévoyait d’instaurer le gouvernement jette l’émoi dans l’Hémicyle. Un amendement glissé dans la loi d’orientation agricole lors de son passage à l’Assemblée a accordé une trop grande place, nous disent les militants anti-alcool, aux viticulteurs dans la future instance. Et de s’insurger contre un revirement par rapport au décret du 4 octobre qui avait su trouver un équilibre entre le lobby du vin et des spiritueux et les tenants de la santé publique. Pire : les députés ont élargi la mission du Conseil à l’évaluation de toute campagne de santé publique et de tout texte concernant la lutte contre l’alcoolisme.
Si le Sénat ne rectifie pas le tir, on peut s’attendre à un boycott de ce conseil de prévention de l’alcoolisme par les plus ardents défenseurs des politiques de prévention. Sans doute ont-ils une préférence pour la prohibition pure et simple et ils n’ont pas besoin en ce cas de se concerter avec les professionnels. Cela rappelle les débats qui ont entouré et suivi la loi de santé publique due à Philippe Douste-Blazy, et l’instauration d’une taxe sur les publicités alimentaires : au fond, que pèse le premier secteur économique face à ceux qui, sur un terrain aussi miné que celui de l’obésité, ont écarté d’un revers de main l’idée de financer ainsi les efforts de prévention par une Fondation d’intérêt public réunissant l’industrie alimentaire et ses partenaires des milieux médicaux ?
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La même crainte l’a emporté, celle de voir l’industrie faire sa loi dans l’instance chargée de déterminer et de financer les campagnes de prévention. Du coup, on a opté pour une taxe de 1,5 % payée par les annonceurs dont le produit servira à on ne sait quoi. Et les députés viennent même d’en élargir le champ. C’est le chacun chez soi …