Les représentants de plus de 120 pays étaient réunis du 3 au 7 septembre à Interlaken (Suisse) pour négocier et adopter un plan mondial d’action pour les ressources zoogénétiques prévoyant des actions prioritaires stratégiques ainsi que des dispositions pour leur mise en œuvre et leur financement. Selon un rapport de la FAO, au moins une race d’animaux d’élevage a disparu chaque mois au cours des sept dernières années, ce qui signifie que ses caractéristiques génétiques sont perdues à jamais.
«La gestion avisée des ressources zoogénétiques n’a jamais été aussi cruciale », a affirmé le sous-directeur général de la FAO, Alexander Müller, s’adressant le 4 septembre aux participants de la première Conférence technique internationale sur les ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture. « Les solutions que ces ressources offrent pour l’amélioration de la production animale seront d’une importance considérable au cours des prochaines décennies », a-t-il précisé, ajoutant que « le changement climatique et l’émergence de maladies du bétail virulentes soulignent la nécessité de préserver la capacité d’adapter nos systèmes de production agricole ».
Menaces sur de nombreuses races
De nombreuses races menacées d’extinction présentent des caractéristiques uniques qui peuvent être utiles pour affronter ces enjeux au cours des années à venir, selon la FAO, qui insiste donc sur l’importance de la sélection animale. Des traits tels que la résistance aux maladies ou l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes pourraient s’avérer fondamentaux pour la sécurité alimentaire des générations futures.
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Environ 20 % des races bovines, caprines, porcines, équines et avicoles du monde sont actuellement à risque d’extinction, souligne le rapport de la FAO, qui constitue la première évaluation mondiale de biodiversité des animaux d’élevage et de la capacité des pays de gérer leurs ressources zoogénétiques. Un milliard d’habitants de la planète travaillent aujourd’hui dans l’élevage, et 70 % des populations rurales pauvres en dépendent largement pour leur subsistance, estiment les experts.
Une base génétique trop étroite
En outre, poursuit la FAO, il faut procéder à une gestion plus judicieuse des races couramment employées, dont beaucoup souffrent de perte de diversité génétique due à l’utilisation d’un petit nombre de géniteurs pour la reproduction. Le cheptel des pays industrialisés a « une base génétique très étroite et hautement spécialisée » puisque 90 % du bétail proviennent de seulement six races très rigoureusement définies, a ainsi expliqué Carlos Seré, directeur général de l’Institut international de recherche sur le cheptel (ILRI), basé à Nairobi. Des politiques volontaristes des Etats et de nombreux éleveurs passionnés ont permis cependant de conserver la plupart des races autochtones d’Europe et d’Amérique du nord. Il en va tout autrement dans les pays en voie de développement où de nombreux petits exploitants agricoles ont abandonné ces dernières années l’élevage des animaux traditionnels au profit des races à rendement plus élevé importées d’Europe et des Etats-Unis. La vache noire et blanche Holstein Frisonne à haute production laitière est ainsi aujourd’hui présente dans 128 pays, et dans toutes les régions du monde. Les poules pondeuses White Leghorn et les porcs Large White à croissance rapide sont également largement répandus.