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UE/Etiquetage alimentaire Projet européen pour un étiquetage alimentaire plus explicite

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En dépit d'une bonne compréhension et de la prévalence d’informations nutritionnelles sur les étiquettes des produits alimentaires en Europe, le manque de motivation et d’attention des consommateurs entraverait l’impact positif des étiquettes sur le choix des aliments. C'est en tout cas un des principaux constats du projet de recherche communautaire « Flabel » (Food Labelling to Advance Better Education for Life ou Etiquetage alimentaire pour promouvoir une meilleure éducation pour la vie), premier projet de recherche financé par l'UE à hauteur de 2,8 millions d'euros pour 3 ans (2009-2011).

Ce projet, coordonné par « Eufic »(European Food Information Council), une association financée par les plus grandes compagnies alimentaires européennes et par la Commission européenne, avait pour objectif principal d'étudier le fonctionnement actuel de l'étiquetage nutritionnel et de proposer des formes d'étiquetage plus claires et plus compréhensibles afin d'aider les consommateurs dans leur recherche d'une alimentation saine et équilibrée. L'étiquetage nutritionnel est très répandu en Europe, mais les consommateurs n'accorderaient pas en revanche l'attention et la motivation nécessaires pour l'utiliser pour faire des choix alimentaires sains et équilibrés. C'est l'une des principales conclusions rapportées dans le cadre du projet de recherche européen « Flabel », financé par l'UE dans le cadre du 7e Programme-cadre de recherche communautaire dont les résultats finaux ont été présentés le 31 janvier. « Les consommateurs ont besoin d'être motivés pour s'engager dans les informations nutritionnelles – par exemple en ayant un objectif de santé – afin de prêter attention à l'étiquetage nutritionnel », explique le Danois Klaus Grunert, conseiller scientifique d'Eufic (et ex-professeur de marketing à l'Université d'Aarhus au Danemark), qui a présenté les résultats du projet de recherche « Flabel ».

Vers un logo « santé »
Selon lui, face à la très grande variété des denrées alimentaires, et notamment des produits transformés et conditionnés, les consommateurs européens ont de plus en plus de difficultés à choisir des aliments sains en toute connaissance de cause dans les rayons des supermarchés, surtout s’ils sont pressés. Il estime que la motivation pourrait améliorer l'attention des consommateurs quant à l'information sur la nutrition en les encourageant à chercher plus longtemps des informations sur l'étiquetage nutritionnel. Toutefois, l'option la plus prometteuse pour augmenter l'attention des consommateurs et à l'utilisation des étiquettes nutritionnelles, serait de leur fournir des renseignements sur les éléments nutritifs clés et l'énergie sur le devant de l'emballage et cela d'une manière cohérente. « En complément de cette information, un logo “santé” pourrait également augmenter l'attention et l'utilisation de l'information, en particulier lorsque le consommateur est sous la pression du temps », explique le professeur Grunert. « L'utilisation d'un code couleur pourrait aussi augmenter l'attention et l'utilisation dans certaines situations, même si les effets ne seraient pas suffisamment forts », précise-t-il. Le projet « Flabel » a révélé que les emballages alimentaires attiraient l’attention visuelle des consommateurs pour une très courte durée : le consommateur serait attentif aux informations des étiquettes alimentaires pendant seulement 25 à 100 millisecondes, si l'on en croit les appareils perfectionnés utilisés à cet effet.

48 % des produits présenteraient des infos nutritionnelles sur la face avant
Selon les résultats du projet de recherche « Flabel », les données nutritionnelles et plus particulièrement les informations sur la valeur nutritionnelle seraient largement répandues sur l’emballage des cinq catégories de produits étudiées (biscuits sucrés, céréales pour petit déjeuner, plats cuisinés réfrigérés préemballés, boissons gazeuses et yaourts). En moyenne, 85% des produits contrôlés présenteraient des informations nutritionnelles sur la face arrière de l’emballage, dans des proportions allant de 70% pour la Slovénie à plus de 95% pour l’Irlande, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Une moyenne de 48% des produits présenteraient ces informations sur la face avant de leur conditionnement, selon des proportions variant de 24% pour la Turquie jusqu’à 82% pour le Royaume-Uni. Le format de présentation le plus répandu des informations nutritionnelles resterait le tableau ou l’énumération linéaire, sur la face arrière des produits (84 % des denrées alimentaires étudiées) ; on y retrouve la valeur calorique et la liste des différents nutriments, avec des indications sur la teneur en calories, protéines, glucides et matières grasses (les « big 4 », dans 34% des cas), ou sur les 4 catégories précédemment citées ainsi que sur la teneur en sucre, graisses saturées, fibres et sodium (les « big 8 », dans 49% des cas). Les allégations nutritionnelles et repères nutritionnels journaliers (RNJ) seraient les informations nutritionnelles les plus répandues figurant sur la face avant des emballages (25% dans les deux cas), les allégations nutritionnelles allant de 12% pour l’Estonie à 37% pour l’Irlande et le Portugal, et les RNJ de 2% en Turquie à 63% au Royaume-Uni. La Suède et les Pays-Bas seraient les deux seuls pays où les logos santé seraient les plus répandus (la serrure pour la Suède, le logo en forme de trèfle pour les Pays-Bas) puisque plus de 10% des produits considérés dans leur ensemble sont concernés (sur la face avant de l’emballage).

Référence scientifique
La principale ambition du projet « Flabel » consiste à offrir une base scientifique pour l’étiquetage des denrées alimentaires pouvant être utilisée dans le contexte paneuropéen en vue de créer un système d’étiquetage simple d’utilisation, un système censé aider les consommateurs à réaliser des choix plus sains concernant les aliments qu’ils achètent. Tous les résultats devraient être partagés et diffusés, dans ce but, auprès de toutes les parties prenantes de l'industrie alimentaire, notamment les instituts de recherche, les PME et les organismes de santé publique.

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