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Littoral Prolifération d'algues : les chiffres du ministère de l'Écologie

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Dans un document de synthèse, le ministère de l'Ecologie fait un point sur le développement des algues vertes et des micro-algues sur les littoraux français. Un document à visée pédagogique qui sépare bien les sujets et pose par écrit les évaluations existantes pour quantifier ces phénomènes.

Quelque 50 000 à 100 000 m3 d'algues vertes sont ramassées et traitées par an par les collectivités pour un coût de 1,7 million d'euros en 2012 (20 euros par m3). Le nombre de secteurs touchés par les algues vertes augmente depuis quinze ans, mais les surfaces de plages concernées, malgré de fortes variations entre les années (1500 à 4 000 ha), n'évoluent pas selon une tendance particulière. C'est pour faire « le point sur » les « proliférations d'algues sur les côtes métropolitaines » qu'un document de quatre pages vient d'être édité par le ministère de l'Ecologie. Quatre pages à visées synthétique et pédagogique, qui distinguent bien les « algues vertes » (des macro-algues comme les ulves retrouvées en Bretagne) des algues microscopiques, « phytoplancton » qui colore parfois les eaux. Les estimations actuelles portent à 560 000 tonnes par an le flux moyen d'azote lié aux nitrates qui arrive au littoral via les cours d'eau, entre 1999 et 2011. 260 000 tonnes seraient également apportées par les retombées atmosphériques. Les flux de phosphore, rapporte le document, sont évalués à 21 000 tonnes par an. Et ont été divisés par quatre entre 1999 et 2005 grâce à la mise aux normes des stations d'épuration. 54 à 90 % de l'azote apporté par les eaux serait d'origine agricole selon les années et les bassins hydrographique, et le phosphore agricole apporté par les eaux représenterait 30 à 50% des apports. Le document explique aussi que le surplus d'azote apporté aux cultures par rapport au besoin des cultures serait de l'ordre de 900 000 tonnes en 2010, d'après le service de l'observation et des statistiques.

risque sanitaires pour le phytoplancton

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Les deux types de proliférations d'algues ont des effets négatifs sur l'activité économique des zones concernées. Mais, alors que les algues vertes provoquent « une forte gêne olfactive » et que leur putréfaction peut émettre, lors de leur ramassage, de l'hydrogène sulfuré au delà des seuils de dangerosité, la prolifération de phytoplancton est « potentiellement dangereuse pour l'homme » : elle peut modifier la composition de la faune et de la flore et favoriser la présence d'espèces qui synthétisent des toxines. La consommation de coquillages infectés est dangereuse, leur ramassage et leur consommation doivent alors être suspendues par l'administration.