Comme l’avait demandé le Conseil agricole de l’UE en novembre dernier dans ses conclusions sur le bilan de santé de la Pac , la Commission européenne propose de porter de quatre à huit ans la durée des programmes nationaux de restructuration du secteur du coton. Un secteur qui, selon les organisations agricoles de l’UE, subit les « conséquences désastreuses » de la réforme du régime de soutien communautaire.
«Le secteur de l’égrenage du coton, en particulier, doit faire face à d’importants problèmes de surcapacité dans certaines régions de production », reconnaît la Commission européenne. Celle-ci suggère donc, comme l’ont réclamé l’Espagne et Grèce lors des négociations sur le bilan de santé de la Pac, d’étendre de quatre à huit ans (2010-2017) le programme de restructuration de ce secteur, sans augmenter les enveloppes budgétaires annuelles prévues à cet effet.
Ce programme est financé par le biais d’une réduction des paiements couplés, les fonds en question devant être transformés en paiements découplés à l’issue de ces huit années.
Un tableau très sombre
Annulé en 2006 par la Cour de justice européenne, le régime de soutien du secteur du coton réformé en 2004 a été remplacé en juin 2008 par un régime à peu près identique (paiements à la surface pour une superficie maximale garantie par Etat membre).
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Or, selon les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), ce système a pour conséquence, en Espagne, une réduction, par rapport à 2005, de 84% de la production de coton et de 40% du nombre d’opérateurs de la filière ainsi qu’une perte de 65% du nombre de jours de travail dans le secteur.
En Grèce, toujours selon le Copa-Cogeca, la réduction de la production est de 50%, celle du nombre d’opérateurs de 20% et la perte de jours de travail de 38%.
Malgré ce « sombre tableau », la Commission affirme « ne pas partager le pessimisme » des organisations agricoles.