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Prospective : quatre scénarios à l’étude pour les caves coopératives

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La Confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF) a réalisé un exercice de prospective avec quatre scénarios, qui ont été discutés en interne puis diffusés au conseil viticole de FranceAgriMer du 19 juillet. Ces scénarios simulent des situations de crise mondiale et de capacité plus ou moins grande de la viticulture et du modèle coopératif à y faire face. Ces scénarios seront discutés dans les différentes régions à partir de cet automne, en vue d’actions à entreprendre.

La CCVF a fait partager à la filière viticole au dernier conseil viticole de FranceAgriMer quatre scénarios auxquels elle réfléchit, et qui ont fait déjà l’objet de discussions au congrès de la viticulture de Bordeaux début juillet et à son conseil d’administration.

Un premier scénario décrit une situation de dérive de la définition internationale du vin vers un produit agro-industriel standard, dans laquelle les coopératives ne font que s’accrocher aux quelques AOC subsistantes. Les coopératives s’investissent alors plus dans la défense patrimoniale foncière que dans l’économie sociale et que dans la promotion des indications géographiques. C’est le scénario des « coopératives sans attrait ».

Deux scénarios offensifs

Un deuxième scénario place les coopératives viticoles dans une conjoncture d’adversité sur fond de crise financière mondiale majeure, mais elles en sortent gagnantes : dans ce modèle offensif, le terroir devient un recours car le citoyen-consommateur assimile l’achat de marques promues par le marketing à une certaine superficialité, et les coopératives sont perçues comme porteuses d’un modèle résistant. C’est le scénario du « modèle coopératif pour temps de crise ».

Un troisième scénario dresse un tableau de crise mondiale avec l’échec des politiques de création monétaire. Le marché du vin se rétrécissant, les coopératives cherchent à atteindre la taille critique en renonçant à leur ancrage territorial et en produisant des vins peu alcoolisés et des boissons dérivées du jus de raisin. Elles deviennent alors incontournables comme outils industriels, mais sans valeurs autres qu’utilitaires. C’est le scénario de « la coopérative incontournable en tant qu’outil industriel ».

Le quatrième scénario est optimiste et relativement offensif : les coopératives, soutenues par un marché mondial du vin en croissance, portent la remise en question d’un libéralisme dérégulé et financiarisé et sont en pointe dans l’affirmation d’un modèle économique et social de force égale au système capitaliste. C’est le scénario de « la coopération vinicole rayonnante ».

Dans le scénario de crise financière mondiale majeure, les coopératives sont perçues comme porteuses d’un modèle résistant

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Les professionnels rejettent le scénario du repli

Face à ces scénarios, les professionnels de la CCVF ont été invités à définir l’attitude qu’ils préconisent. Leurs réponses ont été diffusées le 20 juillet par FranceAgriMer au lendemain du conseil spécialisé.

- Devant le scénario des « coopératives sans attrait », ils sont très majoritaires (73 %) à adopter une attitude de « proactivité négative » (agir dès aujourd’hui pour défavoriser l’advenue du scénario). Ce résultat montre qu’ils ne veulent pas se placer dans l’attitude du repli.

- Devant le scénario du « modèle coopératif pour temps de crise », 52 % sont en attitude « de réactivité anticipée » (ils se préparent dès aujourd’hui à l’advenue du scénario), et 22 % sont « en veille » (le scénario est sous surveillance pour savoir si son advenue se dessine au fil du temps).

- Devant le scénario de « la coopérative incontournable en tant qu’outil industriel », 41 % sont en veille et 33 % en réactivité anticipée.

- Enfin devant le scénario de « la coopération vinicole rayonnante », 78 % sont en « proactivité positive » (agir dès aujourd’hui pour favoriser l’advenue du scénario) et 19 % sont en attitude de réactivité anticipée.