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Prospérité Fermière Ingrédia adopte la blockchain de Connecting Food

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Après un an de préparation, le groupe coopératif spécialiste des ingrédients laitiers déploie, pour l’ensemble des acteurs de sa filière Via Lacta, la blockchain élaborée par Connecting Food. Objectifs : apporter et contrôler en temps réel, la preuve d’une production de lait sans OGM.

Engagée depuis 2017 dans une démarche RSE visant à développer Via Lacta, une nouvelle filière d’élevage et de production de lait sans OGM, Prospérité Fermière Ingrédia y ajoute aujourd’hui une innovation technologique en adoptant la blockchain de la start-up Connecting Food. Via Lacta implique 100 éleveurs des Hauts-de-France pour une production de 30 millions de litres de lait sans OGM par an. Jusqu’à présent, cette filière s’engageait sur la promesse d’écarter le soja génétiquement modifié pour privilégier d’autres variétés végétales protéiques tout en développant la restauration de l’accès au pâturage des vaches. "Aujourd’hui, nous allons beaucoup plus loin en apportant la preuve de cet engagement sur tous les maillons de la filière, c’est-à-dire des fournisseurs d’aliments pour bétail, aux éleveurs, jusqu’à notre site de production et distribution", explique Sandrine Delory, directrice générale de Prospérité Fermière Ingrédia.

Il y a un an, le groupe coopératif (1 500 producteurs-éleveurs, 420 millions de litres de lait par an pour un chiffre d’affaires annoncé comme stable à 400 M€) s’est donc rapproché de Connecting Food. "Face à la méfiance accrue des consommateurs sur la qualité de ce qu’ils mangent et malgré les bonnes performances de l’industrie agroalimentaire, il faut trouver des solutions technologiques permettant d’identifier rapidement les problèmes sanitaires tout en apportant la preuve des promesses faites par les différents intervenants de la filière. La blockchain apporte la réponse technologique la plus fiable, particulièrement dans l’agroalimentaire qui est un secteur impliquant de nombreux acteurs", avance Stefano Volpi, co-fondateur de Connecting Food.

La solution est une plate-forme digitale qui permet d’auditer et de tracer en temps réel le parcours des ingrédients et produits agroalimentaires dans le respect du cahier des charges défini et à chaque étape de la production, pour s’assurer de leur conformité. Elle permet de prouver que la promesse – dans le cas présent le lait de vache sans OGM – est respectée sur l’ensemble de la chaîne. "Pour Via Lacta, la blockchain implique 15 structures différentes. À court terme, le but est que 80 % des 100 producteurs inscrits dans la filière y soient connectés ", ajoute Sandrine Delory qui ne souhaite pas préciser l’investissement consacré à cette avancée technologique.

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La solution sera opérationnelle début 2020 et fonctionnera de manière interopérable entre les différents systèmes d’information utilisés par les acteurs la filière Via Lacta. "C’est une blockchain à permission, c’est-à-dire que seuls les acteurs répertoriés sont habilités, une fois leur identité certifiée, à partager leurs données respectives qui sont infalsifiables et traçables, ce qui, en cas de problème permet de les identifier en temps réel et de déterminer le niveau de responsabilité de chacun. L’intérêt est de pouvoir agir immédiatement, d’écarter le produit ou le lot incriminé auquel un QR code dynamique est associé, et trouver la solution", assure Stefano Volpi.

Créée en octobre 2016 à la Station F à Paris par Stefano Volpi et Maxine Benariac, deux anciens cadres ayant plus de 20 ans d’expérience dans des grands groupes agroalimentaires, Connecting Food a déjà investi 1,5 M€ pour mettre au point sa blockchain avec le soutien d’IBM et du CEA List. Répondant aux impératifs grandissant de contrôle et de garantie sanitaire alimentaire, elle a déjà trouvé des débouchés dans les filières du blé, du porc, du boeuf, de la volaille, du canard, des œufs, du lait et du miel. "Nous avons 20 clients répartis dans huit pays, aussi bien producteurs que distributeurs, dont InVivo sur deux catégories de produits et l’enseigne italienne Coop pour le contrôle de la traçabilité de sa chaîne d’approvisionnement en œufs bio", annonce Stefano Volpi, sans dévoiler ses autres clients. La start-up, détenue à 82 % à parité par les deux fondateurs, le solde par des business angels, compte 20 salariés et va lancer une levée de fonds de 1 M€ pour financer son expansion.