La coopérative nordiste Prospérité fermière s’est lancée en 2017 dans la production de lait de chèvre bio. Aujourd’hui, elle souhaite structurer cette filière et recruter de nouveaux éleveurs.
« Nous espérons collecter deux millions de litres de lait de chèvre biologique d’ici cinq ans, qui seront fournis à Eurial/Agrial », annonce Serge Capron, président de la Prospérité fermière dans un communiqué de presse du 17 décembre. Pour y parvenir la coopérative veut structurer une nouvelle filière de lait de chèvre bio notamment en sortant sa zone de prédilection du Nord Pas de Calais, pour aller recruter de nouveaux adhérents vers la Somme.
À l’origine de ce projet, en 2017, quatre ou cinq associés coopérateurs de la Prospérité fermière qui veulent se tourner vers l’élevage de chèvre et pour ce faire, demandent leur départ de la coopérative spécialisée dans le lait de vache. « Estimant que le projet coopératif doit s’adapter aux projets individuels, notre président à l’époque décide de mettre en place une collecte de lait de chèvre bio », se souvient Patrick Meunier, directeur du projet coopératif au sein de la Prospérité fermière, interrogé par Agra Presse.
Parmi les pionniers, finalement trois s’installeront effectivement dans cette nouvelle production. Aujourd’hui, sept adhérents produisent 1,3 million de litres qui sont ensuite vendus à Agrial, spécialiste français du lait de chèvre. Le contrat de vente entre les deux coopératives, d’une durée de sept ans, prévoit une livraison de deux millions de litres de lait. « Notre objectif est de collecter quinze à vingt producteurs sur une même tournée. La quantité va pérenniser l’activité », explique Patrick Meunier.
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Pour opérer ce développement, la coopérative a noué un partenariat avec l’entreprise Yséo présent dans les régions Hauts-de-France et Haute-Normandie, qui accompagnera des élevages biologiques à travers des conseils techniques et économiques. « Sur le Nord-Pas de Calais, il n’y a pas de nouveaux projets qui émergent, notamment du fait des contraintes du cahier des charges pour le lait de chèvre bio qui requiert beaucoup de pâturage. Alors nous avons élargi la zone possible de collecte vers les départements limitrophes », indique le directeur du projet coopératif.
« Nous nous appuyons sur Yséo pour chercher de nouveaux profils et effectuer des études économiques qui rassurent à la fois les producteurs et les banques », éclaircit Emmanuel Gauchet, chargé du développement des partenariats amont au sein de la Prospérité fermière. Il assure que le revenu disponible en exploitation caprine est de 47 000 euros par UTH pour un atelier de 200 chèvres.
Aujourd’hui, la coopérative nordiste assure ne pas avoir de projets de transformation du lait de chèvre collecté auprès de ses adhérents. « Nous avons un contrat de vente de lait à Agrial, signifie Patrick Meunier. C’est un pari sur l’avenir. »
« La quantité va pérenniser l’activité »