Signée par quatorze États membres de l’UE, une « Déclaration européenne sur le soja » appelle à des initiatives pour développer l’approvisionnement en protéines. Ce qui, inévitablement, soulève de nouveau un débat sur les importations de produits OGM pour l’alimentation animale.
Une déclaration en faveur de la production durable en Europe de soja et autres protéines végétales a été signée le 17 juillet à Bruxelles au niveau des ministres de l’agriculture, en marge du Conseil de l’UE, par l’Allemagne et la Hongrie, à l’origine de l’initiative, l’Autriche, la Pologne, la Slovénie, la Slovaquie, la France, la Roumanie, la Belgique, le Luxembourg, la Croatie, la Finlande, l’Italie ainsi que la Grèce. Annoncée le mois dernier, cette « Déclaration européenne sur le soja » préconise le lancement d’« initiatives de soutien locales, régionales, nationales et européennes pour le développement d’un approvisionnement durable en protéines », notamment la promotion de la production de soja non-OGM (1).
Aujourd’hui, sur les 31,2 millions de tonnes d’aliments à base de soja riches en protéines utilisées pour l’alimentation animale dans l’UE, seulement 1,5 Mt sont produites à partir de soja cultivé sur place.
Demande de « cohérence »
Les organisations européennes du commerce des céréales (Coceral), de l’industrie des huiles végétales (Fediol) et des fabricants d’aliments composés pour animaux (Fefac) réclament toutefois plus de « cohérence » dans la stratégie de l’UE en faveur des cultures protéiques. Elles pointent du doigt la révision de la directive sur l’énergie renouvelable proposée pour l’après 2020 qui réduirait fortement la production de biocarburants de première génération. Et ferait « disparaître » 11 Mt de tourteaux riches en protéines principalement à base de colza.
Pour leur part, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) critiquent, dans la même optique, la récente interdiction de l’utilisation de produits phytosanitaires sur les surfaces d’intérêt écologique (SIE). Et ce alors que, grâce à ces dernières, « les superficies de récoltes protéiques et de légumineuses ont progressé de 1 million ha ».
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(1) Voir n° 3600 du 19/06/17
Inévitables importations
Lors du Conseil agricole de l’UE, le 18 juillet, la « Déclaration européenne sur le soja » a été critiquée par l’Espagne qui affirme qu’il ne faut pas craindre le recours aux OGM. De même, les organisations européennes du secteur de l’alimentation animale estiment que « le statut non-OGM/OGM n’est pas un critère de durabilité et que le choix d’une qualité ou l’autre doit être laissé à la décision du marché comme c’est le cas actuellement ».
De leur côté, l’Autriche et la Hongrie ont présenté aux ministres les conclusions d’une conférence ministérielle sur « l’agriculture libre d’OGM » tenue les 9 et 10 mai à Vienne en présence de représentants de pays de l’Europe centrale et orientale. Elles regrettent que la demande de soja non-OGM soit loin d’être satisfaite dans l’UE, et constatent que, même si cette production a progressé ces dernières années, de fortes quantités de tourteaux de soja doivent encore être importées.
En réponse, Phil Hogan a rappelé que l’Union devrait continuer à enregistrer un important déficit en protéines. Selon le commissaire européen à l’agriculture, le remplacement de toutes les importations par une production communautaire sans OGM n’est pas réalisable à court terme, et les agriculteurs de l’UE continueront donc à compter largement sur les importations de soja OGM.