Les légumineuses et protéines végétales européennes ont le vent en poupe, portées par le développement de régimes alimentaires frugaux en viande et une demande croissante en produits sans OGM. Mais afin de réellement se développer, les filières doivent investir dans la recherche et l’innovation et mieux s’organiser. Telles sont les grandes conclusions d’un nouveau rapport présenté par la Commission européenne sur ce dossier.
Après la publication fin novembre d’un rapport sur les actions à mettre en place pour développer les protéines végétales dans l’UE (1), la Commission européenne a présenté le 26 février une nouvelle étude sur les opportunités pour le marché européen de ces protéines végétales, aussi bien pour l’alimentation des animaux que pour l’alimentation humaine.
Préparé par le consultant français Oréade-Brèche avec les contributions d’un groupe d’experts italiens, allemands, espagnols, roumains, autrichiens et polonais, le rapport met notamment en avant à la fois la demande accrue des consommateurs en produits biologiques et sans OGM, et l’augmentation du nombre de régimes végétariens et végétaliens, qui vont élargir le marché des légumineuses et des protéines végétales transformées.
Régimes végétariens et « sans OGM »
La demande croissante en produits végétaliens ou végétariens et pour des aliments sans gluten, malgré la petite taille de ce marché par rapport aux aliments pour animaux (seulement 6 %), offre des possibilités aux producteurs européens du fait de la valeur ajoutée de ces produits qui est considérablement plus élevée. À cela s’ajoute la demande croissante des consommateurs pour des chaînes d’approvisionnement plus courtes et des produits alimentaires locaux. « Une tendance, note le rapport, qui est particulièrement répandue en Europe occidentale, et dont les producteurs européens pourraient tirer des avantages. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Mais le rapport n’oublie pas le secteur de l’alimentation animale qui devrait en particulier profiter du segment de marché « sans OGM ». Les experts s’attendent donc à une hausse de la production européenne de soja et de légumineuses.
L’étude ne formule pas de recommandation politique spécifique, mais elle suggère que les efforts de l’UE se concentrent sur la recherche, l’innovation et le transfert de connaissances d’une part et l’organisation de la chaîne d’approvisionnement d’autre part. Les protéagineux ont pris du retard dans l’amélioration des rendements par rapport aux grandes cultures plus classiques comme le blé, d’où l’importance de stimuler la recherche. Et l’organisation du secteur est essentielle, estiment les auteurs de ce travail, pour une meilleure répartition de la valeur tout au long de chaîne d’approvisionnement (avec des contrats pluriannuels, des normes…), mais aussi pour le développement d’infrastructures (stockage, tri…). Enfin, ils soulignent que la collecte des données devrait être améliorée pour rendre le marché plus transparent.
(1) Voir n° 3670 du 03/12/2018