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UE/Mercosur Protestation des Vingt-sept contre le protectionnisme de l’Argentine

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Alors que les négociations entre l’UE et le Mercosur reprenaient le 29 juin à Buenos Aires, les ministres de l’agriculture de l’UE, réunis le même jour à Luxembourg, débattaient des mesures restrictives prises par l’Argentine à l’encontre des pêches grecques en conserve. L’Argentine, qui a nié l’existence d’un quelconque embargo, a toutefois indiqué, de façon quelque peu ambiguë, qu’elle n’autoriserait pas l’entrée de produits « qui représentent une concurrence déloyale ».

De nombreux ministres de l’agriculture et le commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos, ont été « consternés » par l’attitude très protectionniste des Argentins, alors que, le jour même, les négociations en vue de la conclusion d’un accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay), au point mort depuis 2004, reprenaient à Buenos Aires. Cette affaire a été portée devant le Conseil agricole par la Grèce qui ne parvient plus à écouler vers l’Argentine les pêches en boîte, qui représentent 80 % de ses exportations vers cette destination. Tous les contrats des exportateurs grecs ont été annulés ou suspendus, a dénoncé la Grèce qui a reçu le soutien de l’Italie, de la France, de Chypre, de la Roumanie, de l’Irlande, de l’Autriche, de la Pologne, de l’Allemagne, de la Lituanie, de la Bulgarie, du Danemark et de la Belgique. Ces entraves concernent aussi certains produits laitiers danois ainsi que l’huile d’olive, le riz et le vinaigre. M. Ciolos a souligné à Luxembourg que les Argentins avaient expressément donné des instructions pour que l’Institut national de l’alimentation ne délivre pas de certificats pour les produits importés pour lesquels existe une production locale. « Autrement dit, la quasi totalité de nos exportations actuelles », a déploré le commissaire. Il a averti que les négociations entre l’UE et le Mercosur seront « nécessairement affectés par un maintien des mesures protectionnistes en Argentine ». Cette question, a encore précisé le commissaire, « devra être résolue avant que l’on rentre dans le détail des négociations ». Pour sa part, Karel De Gucht, le commissaire en charge du commerce, a transmis une lettre aux autorités argentines demandant de justifier les restrictions appliquées aux pêches grecques.

Réponse ambiguë de Buenos Aires

« Il n’y a aucun embargo sur aucun produit venant d’un autre pays, pas seulement d’Europe », a déclaré le 30 juin la ministre argentine de l’industrie, Debora Giorgi, tout en avertissant que le gouvernement argentin pourrait interdire l’importation de certains produits exerçant une « concurrence déloyale ». Selon elle, les importations argentines de pêches grecques ont augmenté de 72 % au mois de mai par rapport à l’an dernier. Elle a cependant souligné que Buenos Aires n’autoriserait pas l’entrée de produits « qui représentent une concurrence déloyale, car ils font du dumping salarial, social, financier ou environnemental ». Le Mercosur entend notamment discuter avec l’UE de « la complexité » de ses « subventions à l’investissement et l’exportation agricoles » jusqu’au 2 juillet lors de la réunion de Buenos Aires destinée à fixer les modalités techniques des négociations, a-t-elle ajouté.

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