Provence Tomates commence à bénéficier des fruits de sa politique de valorisation de son outil industriel pour assurer une rentabilité pérenne. Le premier transformateur de France développe des gammes de produits d’origine française en circuit court et met son outil de production hors saison au service d’autres industriels.
La SAS du Roubian a décidé de valoriser sa production en proposant du made in France. Depuis trois ans, sa marque Soleillans doit mettre en valeur la traçabilité de sa production de ses purées, coulis, concentrés et sauces préparées et de ses circuits courts de la parcelle du pépiniériste au conditionnement en passant par le producteur et la transformation. Répondant ainsi à la demande du consommateur et des distributeurs, la gamme s’est retrouvée rapidement chez Carrefour, Intermarché, Leclerc et Cora, et en MDD chez Auchan et Casino. « Nous proposons la seule marque française qui assure une traçabilité totale », assure Yanick Mezzadri, directeur commercial de l’entreprise.
Ces nouvelles gammes doublent leur production annuellement pour atteindre aujourd’hui 800 tonnes, une goutte d’eau pour l’instant parmi les 32 000 tonnes transformées cette année. Dans le même esprit, l’entreprise des Bouches-du-Rhône développe le bio avec des produits issus cette année de 1 400 tonnes de tomates fraîches cultivées dans 25 ha. Cette gamme assure une meilleure valorisation avec 60 à 70 % de produits conditionnés diffusés sous la marque Soleillans et en MDD avec une accélération du déploiement en GMS dès novembre prochain. L’objectif à un an est de doubler ici aussi la production facilitée par des producteurs-actionnaires de la SAS qui possèdent un parcellaire déjà converti en bio utilisé pour le riz ou le melon. L’objectif est d’atteindre 1 000 hectares dévolus à la tomate en 2019.
La moitié de la production à l’export
Ces productions restent marginales par rapport aux 90 000 tonnes ramassées cette année grâce à un millésime exceptionnel avec un rendement de 120 tonnes à l’hectare. La transformation a permis la production de 5 000 tonnes de jus, 20 00 tonnes de purée et 7 000 tonnes de concentrés. La moitié de la production part à l’export. La purée de tomate compte en France des clients comme Marie, Sodebo, la Pizza de Manosque ou Sole Mio, Dr Oetker en Allemagne, mais aussi des industriels en Grande-Bretagne et en Pologne.
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Cette entreprise, à l’équilibre économique encore fragile, cherche à optimiser un outil de production uniquement mobilisé de fin juillet à début octobre, lorsque 80 saisonniers rejoignent 18 permanents. Depuis 2016, l’équipe de Didier Plaa, directeur industriel, transforme des pommes qui viennent d’apporteurs externes avec une production qui a atteint 2 000 tonnes cette année. L’usine de Tarascon conditionne également des fruits pour le compte de Saint-Mamet. Provence Tomates recherche d’autres partenariats.
Recherche de capitaux
Sur son produit phare, Provence Tomates ne peut se développer. Ses produits viennent exclusivement des 1 050 ha essentiellement situés dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, de ses 35 agriculteurs actionnaires qui possèdent 50 % du capital. Ses récoltes resteront limitées au milieu d’une production européenne de 10 millions de tonnes et d’un marché français oscillant entre 200 000 tonnes et 240 000 tonnes. Outre les producteurs, Provence Tomates compte dans son tour de table deux coopératives (20 %) et deux actionnaires (30 %), Richard Ortiz (ex-Ortiz-Miko) et Jean-Louis Chabrol (SAPA Lazaretti).
La valorisation des gammes et l’ouverture de l’outil de production restent une priorité pour cette société à l’équilibre depuis trois exercices, qui se reconnaît sous-capitalisée. Des négociations avec le Crédit agricole et la Caisse d’Epargne ont permis d’améliorer le paiement des campagnes aux producteurs, 80 % des dépenses de l’entreprise s’effectuant sur deux mois quand les ventes s’étalent sur toute l’année. Jusqu’alors, les agriculteurs supportaient le déficit de trésorerie. Depuis plusieurs années, Alain Giraud, président de la SAS, cherche des solutions pour accroître les fonds propres d’une entreprise sujette aux aléas climatiques et aux fluctuations du marché de la tomate. L’accroissement de la rentabilité par la diversification pourrait convaincre des investisseurs.