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SNACKING/PRODUITS DU TERROIR Proxidélice lance un nouveau concept de snacking

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En créant Proxidélice, l'entrepreneur toulousain Serge Atia fait le pari du snacking bio et local à destination des professionnels. En 2000, l'entrepreneur avait créé Biofinesse, un distributeur spécialisé en produits bio pour la restauration collective, qu'il a revendu 8 ans plus tard à Pomona.

«IL est extrêmement compliqué de manger sain et rapidement, il n'existait aucune offre de snacking bio sur le marché ». C'est en partant de ce constat que le Toulousain Serge Atia a créé Proxidélice, en jouant sur les deux tableaux, produits bio et produits locaux, pour développer son nouveau business. Son idée première était de mêler les deux concepts, avec des approvisionnements à la fois bio et locaux, originaires du Sud-Ouest. « J'ai vraiment souffert pendant plusieurs mois pour essayer de construire cette offre sans y parvenir, au bout du compte, c'était bien trop compliqué, je ne parvenais pas à obtenir une profondeur de gamme suffisante ». Il décide donc d'élargir l'offre bio avec des provenances de la France entière, tout en conservant une gamme locale, conventionnelle cette fois, dont l'origine Sud-Ouest est appuyée par des certifications. Mais les affres de l'élaboration ne se sont pas résumées à la difficile question des fournisseurs. « J'avais l'intention de proposer une boîte contenant de quoi faire un snacking sain, un petit repas, mais je me suis rendu compte qu'il serait plus pertinent de développer des gammes de produits à l'unité, prêt à consommer ou à réchauffer ». Et là, il fallu convaincre les fabricants, plus habitués aux portions familiales qu'individuelles. Au total, il lui aura fallu dix-huit mois pour construire ses gammes et lancer ses produits, 1500 références sur le marché. L'offre est ainsi divisée aujourd'hui en deux grandes familles, l'une destinée à la restauration collective, l'autre consacrée au snacking, l'une comme l'autre étant déclinées en produits locaux et produits bios. De quoi satisfaire les clients équipés d'une cuisine ou d'un labo et pouvant préparer des repas, aussi bien que ceux qui ne sont pas équipés, avec des produits prêts à consommer ou juste à réchauffer.

UNE OFFRE LOCALE « ÎLE DE FRANCE »

Outre la distribution directe en RHD, Proxidélice vise pour ses gammes, les revendeurs, les grandes surfaces, les réseaux organisés de snacking, les hôtels, et l'ensemble du marché du catering, aérien, ferroviaire et maritime. « Je pense qu'aujourd'hui les consommateurs ont besoin de pouvoir manger des produits qu'ils connaissent, qui sont porteurs de sens et de “naturalité”. C'est pour cela que l'étiquette locale est pertinente, explique Serge Atia, avec des produits sans conservateur pour les produits locaux, sans chimie pour la bio, c'est ainsi que je perçois la demande ». L'entreprise, qui emploie 12 personnes à Toulouse a réalisé 500 000 euros de chiffre d'affaires depuis six mois et table sur un million d'euros pour son premier exercice. Avec un équilibre financier espéré pour 2017. S'il développe ses gammes en France, Serge Atia regarde aussi vers l'étranger, et même le grand export avec la Chine, sans mettre la bio sur ce marché toutefois en raison des contraintes réglementaires imposées. La prochaine étape importante pour Proxidélice est fixée à la rentrée avec la mise en place d'une gamme de produits locaux estampillés « Ile de France ». Des produits récoltés dans un rayon de 250 km autour de la capitale et destinée au marché parisien, avec une plateforme logistique installée à Rungis.

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LA CONTRAINTE DE LA LOGISTIQUE

Serge Atia avait déjà tenté une aventure similaire en 2000. En pleine crise de la vache folle, le jeune papa se rend compte que l'offre bio n'existe pas en RHF alors qu'elle est présente en magasin. Entreprenant, il décide de se lancer dans le business pour développer des produits correspondant à ce qu'il cherchait et crée Biofinesse, un distributeur spécialisé en produits bio pour la restauration collective. Très rapidement, l'entreprise prend de l'ampleur et se trouve confrontée à un problème de logistique. « L'une des caractéristiques du monde de la logistique en frais est le faible nombre d'acteurs qui le compose. Ensuite, si vous n'êtes pas un gros client, vous ne pouvez pas imposer vos conditions, ni vos heures de livraisons, et vous passez toujours après les GMS, toujours livrées en premier. Au moindre retard, vos produits n'ont aucune chance d'être à l'heure chez votre client » constate l'entrepreneur. En 2008, Serge Atia décide donc de s'adosser à un groupe important, qui dispose d'une flotte de véhicule fournie. « J'ai vendu 80 % de l'entreprise à Pomona, en restant le directeur jus-qu'à fin 2011 ». Sorti de cette aventure, il a alors cherché à racheter une entreprise dans l'agroalimentaire bio, sans succès. « Je suis un “market developper”, c'est difficile de basculer dans le monde de la production, c'est un autre monde ». Fort de ce constat, il est donc revenu à son cœur de métier.