Autant en pêches/nectarines qu’en abricots, les prévisions de marché pour les fruits d’été peuvent être qualifiées par un prudent optimisme. C’est ce qui ressort du Forum Europech’qui s’est tenu le 26 avril à Perpignan.
«Les prévisions ont été établies au 17 avril, souligne Éric Hostalnou, chargé des compilations de données, et il faut être prudent sur les commentaires. Il est vraisemblable que nous devions les revoir à la baisse ». D’une part les chiffres sont annoncés très tôt dans la saison et d’autre part la climatologie induit des modifications physiologiques des fruits encore difficiles à apprécier. Globalement, le potentiel européen en pêches et nectarines s’établit à 2 908 478 tonnes soit +1 % par rapport à 2006 et 5 % par rapport à la moyenne 2001/2005. Cependant, cette progression ne devrait pas peser notablement sur les marchés. « La production s’est déplacée vers l’Est avec un excédent grec (+20%) qui compense le déficit espagnol. Ces faibles écarts en volumes globaux devraient avoir des effets plus marqués sur les marchés de l’Europe orientale, Pologne, Tchéquie et Russie ». Le début de campagne espagnol doit être plus fluide, en raison de la baisse de production des régions du sud de la péninsule. Mais, en saison et face à la production française, le potentiel sera identique, d’où le risque d’engorgement. Par ailleurs, une des craintes des producteurs est l’évolution du marché à partir du 15 août. « À cette date on assiste depuis 2001 à un effondrement du prix des pêches et nectarines avec l’arrivée des variétés de plus en plus productives, voire une certaine lassitude des consommateurs et des distributeurs. C’est une tendance qui s’installe en France comme en Espagne ou en Italie. »
Un déficit pour l’abricot
Hormis la Grèce, épargnée par les gels qu’elle a connus les années précédentes, tous les pays producteurs d’abricots (Italie, France, Espagne) affichent un déficit et le niveau global de récolte devrait reculer de 13 % par rapport à 2006. « Il faut être encore plus prudent qu’en pêches/nectarines et les prévisions seront revues à la baisse prochainement ». C’est tout particulièrement le cas en France où la production par bassin est très hétérogène. « Sur les 166 900 tonnes annoncées, soit 6 % de moins que l’an dernier, il est probable que 140 000 ou 150 000 tonnes soient beaucoup plus réalistes. » La saison française sera caractérisée par un calendrier plus court et un décalage régional moins marqué d’où un risque de collision des productions des différents bassins.
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Avance de végétation pour le melon
Enfin, la campagne française du melon est caractérisée par d’excellentes conditions climatiques avec une avance de végétation et une production composée en quasi-totalité de charentais jaunes. En volume, il est difficile de donner des tendances précises, la climatologie de mai et juin étant primordiale. C’est également du climat de mai que dépendra le télescopage des productions entre la France et l’Espagne. Dans ce dernier pays, la région d’Alméria annonce une diminution des charentais verts précoces pour éviter la concurrence du Maroc, avec un report d’une centaine d’hectares sur les tardifs dont la récolte débutera le 20 mai. Dans les régions de Séville, Malaga-Murcia, Carthagena, les charentais jaunes dominent mais en raison des pluies d’avril la production devrait être en retard. Les pics de production en Espagne sont attendus entre le 8 et le 20 mai pour Almeria, le 25 mai/15 juin pour Murcia/Carthagena. Enfin au Maroc, les prévisions font état d’une augmentation des surfaces à Dakhla et Agadir avec du charentais vert. Dans la région de Marrakech/Kenitra, la tendance est plutôt à l’érosion des surfaces mais avec une recherche de la précocité. Le pic de production devrait se situer entre le 25 avril et le 15 mai soit avec 10 jours d’avance.