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Provoquant des dégâts importants dans les vergers, la bactérie PSA échappe à tous les traitements en France.
Devenue massivement pathogène en Italie en 2008 où elle a causé des ravages, puis en Nouvelle-Zélande et en France en 2010, la bactérie PSA a explosé en 2011 au point de devenir en deux ans un « fondamental » de la culture de l’espèce. Si la bactérie s’attaque à tous les arbres de la famille «kiwi», les dégâts qu’elle cause peuvent être très différents. Les plus sensibles étant jusqu’à présent les variétés jaunes avec des conséquences pouvant être létales pour les arbres. « Aujourd’hui, les vergers les plus sensibles ont été arrachés dans le Sud-Ouest, explique Jean-Marc Benquet, secrétaire général de la FDSEA des Landes, c’est ce qui a permis de freiner un peu la progression de la maladie. » Malgré une réaction rapide de la profession, peu de zones y ont échappé. « Il ne doit pas exister un espace de 50 km de diamètre sans contamination », ajoute Séverine Brun, responsable du développement de la marque néo-zélandaise Zespri. Si les principales variétés touchées sont donc jaunes, notamment le hort16A et le Jintao, le kiwi vert Hayward subit le passage de la bactérie mais semble y résister beaucoup mieux. À tel point que les réorientations variétales effectuées dans les vergers se font sur les porte-greffes de Hayward. « Cela permet au producteur de conserver le bénéfice du système racinaire », ajoute Séverine Brun. Quant à savoir par quels ressorts la bactérie, endémique en Chine, est devenu pathogène… « C’est très probablement le fait d’une mutation, mais nous ignorons toujours l’endroit où elle s’est produite. Est-ce en Chine, l’Italie ayant alors été contaminée par importation de matériel végétal, ou est-ce en Italie ? »
Impasse technique
Le passage de la bactérie dans les vergers était rendu d’autant plus problématique qu’aucun traitement n’était disponible. Le seul moyen de lutte actif jusqu’au début 2013 était le cuivre, qui lorsqu’il est appliqué sur les plantes, empêche la bactérie de contaminer l’arbre. L’espoir des producteurs français réside donc aujourd’hui dans l’homologation d’un remède développé par Syngenta, un activateur de défenses naturelles de l’arbre, l’acibenzolar-s-méthyl. « C’est un produit qui stimule la production d’acide salicylique dans la plante pour combattre la bactérie en renforçant les défenses naturelles de l’arbre. Il a été utilisé cette année grâce à une dérogation et avec des résultats assez probants mais l’homologation n’interviendra probablement pas avant 2015 ou 2016 », ajoute Séverine Brun. S’il est impensable d’éliminer la bactérie, l’enjeu aujourd’hui pour les kiwiculteurs est donc d’apprendre à vivre avec sa présence. Le traitement ne faisant pas tout, le changement pour des variétés plus résistantes dans les vergers est une piste difficilement contournable.
Couverture ?
« Notre kiwi jaune Gold 3 se comporte face à la bactérie comme le Hayward », vante Séverine Brun, qui ajoute que cette variété, commercialisée sous système « club » offre une rémunération plus avantageuse pour le producteur. « En Nouvelle-Zélande, les vergers greffés avec cette variété ont produit, dans des zones où la bactérie est présente, 41 tonnes de fruits de catégorie 1 à l’hectare dans un calibre de 101 grammes. » Il faudra aussi aux producteurs être plus soucieux de la météo: des modèles ont été développés pour prédire les moments les plus à risque pour la propagation de la bactérie afin d’ajuster le traitement qui doit être appliqué en amont. Enfin, la couverture des vergers pourrait être amenée à se développer, comme cela existe dans la cerise pour éviter les éclatements de fruits causés par la pluie. Les tests menés en Italie à ce sujet se sont aussi montrés très efficaces en empêchant les gouttes d’eau de trop mouiller les arbres, et offrir un terrain très favorable à la bactérie PSA.
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