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Petits ruminants Puces électroniques : la France va assouplir la réglementation

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Des décrets du ministère de l'Agriculture, en cours de rédaction, devraient permettre à partir du 1er janvier 2015, de faire reconnaître les boucles plastiques comme « éléments de traçabilité ». L'identification électronique des ovins et caprins est toujours obligatoire conformément à la réglementation européenne, mais les éleveurs qui ne souhaitent pas équiper leurs animaux de puces électroniques auront désormais accès aux aides de la Pac liées au développement rural (ICHN, MAE).

LA Confédération paysanne estime avoir obtenu des avancées, des assouplissement, à l'issue de la journée d'action nationale qu'elle a organisée à Vitré (35), Privas (07) et Cahors (46) le 17 décembre, et qui a mobilisé plusieurs centaines d'agriculteurs contre l'identification électronique obligatoire des ovins et des caprins. « Nous avons obtenu l'arrêt des sanctions en cascade », se réjouit Jean-Émile Sanchez, responsable de la commission « petits ruminants » à la Confédération paysanne. Depuis juillet 2010, un règlement européen impose aux éleveurs de moutons et de chèvres d'identifier leurs animaux avec une boucle contenant une puce électronique RFID, sous peine de sanctions et de ne pas pouvoir bénéficier des aides de la Pac. Cette obligation sera toujours en vigueur à partir de 2015, mais elle n'empêchera plus les éleveurs récalcitrants d'accéder à certaines aides de la Pac.

Allflex, numéro un mondial des boucles pour animaux, poursuit son agrandissement

LE groupe Allflex qui siège en Ille-et-Vilaine (35), vient de signer un accord sur l'acquisition de 100% du capital du groupe israélien SCR pour un montant de 250 millions d'euros, selon un communiqué du groupe breton, le 12 décembre. Ce dernier se définit comme le numéro un mondial dans le secteur des boucles d'identification animale à usage officiel et privé. SCR, lui, est « un pionnier dans le développement de technologies de gestion de troupeaux laitiers bovins ». Pour Jacques Martin, p.-d.g. d'Allflex, « cette acquisition représente un apport essentiel pour le groupe ». L'opération d'acquisition est soumise à l'approbation des autorités de régulation. En rachetant le groupe israélien, Allflex devrait acquérir « les technologies SCR qui participent au suivi et à la traite de plus de 13 millions de vaches partout dans le monde ».

Des décrets en préparation

Des décrets du ministère de l'Agriculture, en cours de rédaction, devraient permettre, à partir du 1er janvier 2015, de reconnaître les boucles plastiques comme éléments de traçabilité, mais pas comme élément d'identification conforme. En conséquence, les éleveurs, dont les animaux ne sont pas munis de puces électroniques mais seulement de boucles plastiques, devraient avoir accès aux aides de la Pac liées au développement rural, comme l'Indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) et les Mesures agroenvironnementales (MAE). En revanche, les aides couplées du 1er pilier (aide ovine, aide caprine) seront toujours conditionnées à l'obligation d'identification électronique, et tout changement en la matière doit venir de Bruxelles. Le ministère de l'Agriculture a tenu à préciser à l'AFP, le 18 décembre, que ces assouplissements n'étaient pas la conséquence de la manifestation organisée par la Confédération paysanne, mais qu'ils étaient déjà prévus depuis le premier semestre 2014. « Avant, les animaux non identifiés électroniquement n'existaient pas, se félicite tout de même Jean-Émile Sanchez. Désormais ils seront pris en compte dans le calcul du chargement à l'hectare. Cette reconnaissance nous servira de levier pour négocier au niveau européen la levée de l'obligation d'identifier électroniquement les animaux ».

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Discussions autour du sanitaire

Selon la Confédération paysanne, le ministère a également concédé des assouplissements sur le volet sanitaire de l'obligation de « pucer » les animaux. En Ardèche, où la DDCSPP (Direction départementale de la protection des populations) « faisait du zèle, le préfet s'est engagé à ne plus prononcer d'interdiction de mouvement ou de vente de fromage », assure le syndicat. Une réunion, prévue début janvier avec la Direction générale de l'alimentation (DGAL), devrait permettre de faire le point sur le lien entre anomalie d'identification électronique et circulation des animaux et des produits, affirme le syndicat.

La tremblante du mouton pourrait passer la barrière de l'espèce (Inra)

DES chercheurs de l'Inra ont montré que la tremblante du mouton pourrait passer la barrière de l'espèce, annonce l'Institut de recherche dans un communiqué le 17 décembre. Les résultats d'expériences conduites sur des souris et publiés dans la revue Nature Communications le 16 décembre 2014, montrent que l'agent pathogène responsable de la tremblante du mouton, une protéine prion, possède le potentiel nécessaire pour convertir la protéine prion naturellement présente chez l'homme dans sa forme saine et la rendre pathologique. La tremblante du mouton est une maladie neurodégénérative connue depuis plusieurs siècles qui affecte les petits ruminants (ovins, caprins). Comme l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ou maladie de la vache folle, elle est causée par un prion. Cependant, et contrairement à l'ESB, aucun lien n'avait été établi entre cette maladie des petits ruminants et la survenue d'une maladie à prion chez l'homme.