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Puffy’s : des fonds pour innover sur le marché du skyr

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Une start-up lyonnaise, Puffy’s, anime le marché du skyr, largement dominé en GMS par Danone. Elle mise sur le bio, la distribution spécialisée, l’ancrage local et des recettes originales. Ses fondateurs cherchent à lever 500 000 euros.

Gabriel Gutmann et Olivier Gautreau ont découvert le skyr là où il est né, en Islande, au cours de leur échange universitaire dans le cadre du programme Erasmus. Cette spécialité laitière à partir de lait de vache, à mi-chemin entre le fromage blanc et le yaourt, se caractérise par son absence de matière grasse (ou à un taux très bas), et sa forte teneur en protéines. C’est ce qui a fait son succès aux États-Unis avec Siggy’s, racheté par Lactalis. En France, Danone s’est beaucoup investi dans le lancement de ce produit sous ses différentes marques : Skyr, Light & Free, Hipro ou encore Taillefine.

Face à ces géants, Gabriel Gutmann et Olivier Gautereau veulent se différencier<0x2009>: des ingrédients biologiques et d’origine française, une fabrication en France et des recettes originales. « En 2019, nous avons mis sur le marché nos premières recettes de skyr nature et aux myrtilles à partir de lait de vache, puis fin 2021, notre recette de skyr nature à partir de lait de brebis », explique Gabriel Gutmann. Et tout récemment, Puffy’a a lancé les premiers skyrs tartinables frais : poivre-paprika ou tomates séchées-basilic. « Nous voulons étendre les usages du skyr au moment de l’apéritif alors que les produits habituellement consommés à ce moment-là ne sont pas toujours très équilibrés », souligne Gabriel Gutmann. Les produits de Puffy’s ont obtenu un Nutri-Score A sur l’ensemble des recettes. Cet été ou à l’automne, Puffy’s va encore innover : la marque s’est rapprochée de Jean-Marc Tachet, meilleur ouvrier de France, qui signera une recette de skyr tartinable à l’ail noir de la Drôme. Actuellement, Puffy’s travaille sur un skyr végétal bio, sans soja, avec des légumineuses et des céréales d’origine française.

500 magasins spécialisés biologiques

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Les produits sont aujourd’hui diffusés dans les magasins spécialisés biologiques (500 points de vente de toutes les enseignes sauf Biocoop et Bio C’Bon), les plateformes en ligne spécialistes des produits bio (Greenweez) et un peu en RHF grâce à Foodchéri. Une stratégie qui permet de ne pas affronter directement Danone ou Lactalis.

Pour l’instant, la société est en phase de décollage : 120 000 euros de chiffre d’affaires ont été encaissés en 2020, et 300 000 euros sont attendus par les fondateurs en 2021. Ils sont à la recherche de fonds pour alimenter leur développement pour surtout renforcer le commercial et la logistique. La partie industrielle est sous-traitée actuellement auprès de deux petits industriels indépendants en Bretagne et en Vendée. Les fondateurs veulent conserver cette organisation pour l’instant.

« Nous sommes en cours de levée de fonds pour un montant de 500 000 euros en capital que nous souhaitons obtenir d’ici octobre », annonce Gabriel Gutmann, sans doute auprès de business angels associés ou de fonds d’amorçage. Jusqu’à maintenant, la société s’est financée grâce à des apports des deux associés et un prêt bancaire de 100 000 euros, et a obtenu des subventions de Bpifrance pour son projet dans le végétal. Cette levée de fonds, qui pourrait avoir un effet de levier auprès des banques, ne remettrait pas en cause la détention majoritaire du capital par les deux associés fondateurs.