Un rapport de Générations futures déplore l’absence de suivi de 56 métabolites dans l’eau. L’association fait plusieurs demandes pour améliorer la surveillance et financer la dépollution.
Dans un rapport dévoilé le 15 octobre, Générations futures affirme que « 56 métabolites à risque de dépasser la norme pour l’eau potable n’ont fait l’objet d’aucun suivi dans les eaux souterraines ou l’eau potable » en 2022-2023. Parmi ces 56 produits issus de la dégradation de pesticides, « 12 métabolites sont particulièrement à risque » pour une ou plusieurs des trois raisons suivantes : la concentration dans les eaux brutes est supérieure à la limite de 2 μg/L, selon les modélisations de l’Anses ; le métabolite est « persistant » dans l’environnement ; il est considéré « pertinent » par l’EFSA ; le tonnage utilisé est « élevé ». L’association de défense de l’environnement a abouti à ces résultats en croisant les données françaises et européennes disponibles sur les métabolites suivis, à risques et non recherchés dans les eaux.
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Dans la liste des 12 métabolites mis en cause figure notamment l’acide trifluoroacétique (TFA), un PFAS déjà épinglé en juillet par PAN Europe, associé à la substance active flufenacet (herbicide) et fluopyram (fongicide). Figurent aussi la diisopropylamine (DIPA) associée à la substance active triallate (herbicide), et le M650F04 et M650F03 associés à l’amétoctradine (fongicide). Parmi les autres métabolites apparaissant sur cette liste, trois sont issus de fongicides : l’acide tetrahydrophthalimique (THPAM) associé au captane, le NOA 413163 et le NOA 413161 associés à la Trifloxystrobine. Les cinq autres sont liés à des herbicides : l’hydroxy isoxaben associé à la substance active isoxaben ; le sulfonate M2 associé au Carfentrazone-éthyle ; le 479M09 et le 479M11 tous deux associés au métazachlore ; et le Chlorotoluron benzoic acid associé au Chlorotoluron.
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Les demandes de Générations futures
Face à ce constat, l’association appelle à relever « la surveillance » des métabolites. Elle souhaite améliorer la méthodologie de sélection des métabolites incorporés au contrôle sanitaire, et « exiger des fabricants de pesticides qu’ils fournissent sans délais les étalons analytiques aux laboratoires ». Générations futures appelle aussi à durcir le processus d’autorisation des pesticides et à « interdire » leur utilisation dans les aires de captage « d’ici à 2030 ».
Enfin, elle demande d’« appliquer le principe pollueur-payeur » en finançant le coût de « la dépollution » de l’eau via la taxe sur les produits phytopharmaceutiques payée par les titulaires d’autorisations de mise en marché (AMM) (fabricants, industriels), et via une hausse de 20 % de la redevance pour pollution diffuse (RPD) payée par les distributeurs.