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Qualité de l’eau : l’UFC-Que Choisir plaide pour les captages prioritaires

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L’association publie une étude encensant ces mécanismes créés en 2007 par le Grenelle de l’environnement… pour mieux déplorer les résultats « plus que mitigés » des dispositifs s’appliquant aux autres zones de captage.

Un dispositif « globalement efficace ». L’UFC-Que Choisir s’est félicité, le 28 mars, des résultats des dispositifs de lutte contre la pollution de l’eau s’appliquant aux captages dits prioritaires. Ces zones, créées par le Grenelle de l’environnement en 2007, bénéficient d’un mécanisme de protection et de prévention beaucoup plus abouti, élaboré en association avec les agriculteurs.

L’association, qui regrette toutefois « l’absence d’évaluation officielle », a réalisé sa propre étude visant à faire le bilan de ces mécanismes. Elle a étudié un « échantillon représentatif » de 102 sources de captages, « réparties dans 27 départements » sur les 1 000 classées comme prioritaires, par le « biais d’entretiens en face-à-face avec les structures pilotant la protection de ces captages ».

Et les résultats sont encourageants. Dans ces zones, la pollution globale a baissé dans 60 % des cas, et est restée stable dans 25 % des zones. Seulement 15 % des zones de captage ont donc vu leur pollution augmenter. Globalement, la pollution aux nitrates a diminué dans 2/3 des zones, de 25 % en moyenne, et la pollution aux pesticides a diminué en moyenne de 70 %.

Les mesures obligatoires efficaces

Selon l’association, les zones de captages ayant été soumises à des mesures obligatoires ont eu des résultats « trois fois plus efficaces » que celles où des mesures basées sur le volontariat ont été appliquées. Par ailleurs, les zones où ces dispositifs ont été pilotés par les collectivités ont quasiment toutes connu une baisse, contre seulement la moitié des zones gérées par les chambres d’agriculture.

Mais l’association rappelle que les captages prioritaires ne « représentent que 3 % » des zones de captage. Or, sur le plan national, la situation est moins favorable : la norme de l’eau est « dépassée sur un tiers du territoire » en matière de pollution aux pesticides. Concernant les nitrates, la « valeur guide pour la fabrication de l’eau potable » n’est pas respectée « dans 43 % des nappes phréatiques ».

Si les résultats prouvent que « la pollution de l’eau n’est pas une fatalité », le bilan global reste donc « plus que mitigé », regrette l’UFC-Que Choisir. L’association appelle donc à étendre la protection des dispositifs s’appliquant aux captages prioritaires aux 35 000 captages d’eau répartis sur tout le territoire, ainsi qu’une « mise en œuvre stricte du principe pollueur-payeur ».

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Faire payer les agriculteurs

« Ce n’est plus possible de faire payer l’ensemble du coût de la dépollution aux consommateurs », affirme l’UFC Que-Choisir, qui demande une « internalisation du coût de ces pollutions » dans les coûts de production des agriculteurs. Pas sûr que ces derniers reçoivent favorablement cette proposition, alors que l’élargissement de l’assiette de la redevance pour pollution diffuse a provoqué des polémiques en début d’année.

L’association appelle à ce que les Assises de l’eau, dont les premières réunions des groupes de travail doivent débuter début mi-avril, ne « soient pas qu’une opération de communication ». L’UFC-Que Choisir indique par ailleurs qu’elle participera à ces travaux, consacrés à l’adaptation au changement climatique de la gestion de la ressource en eau.

Les captages prioritaires ne « représentent que 3 % » des zones de captage.

« Ce n’est plus possible de faire payer l’ensemble du coût de la dépollution aux consommateurs »

Programmes d’actions nitrates : bilan « plus que mitigé » selon l’Autorité environnementale

Les résultats des programmes d’action nitrates qui se sont succédé depuis 1991 sont « plus que mitigés », relève l’Autorité environnementale (AE) dans son bilan 2018, publié le 27 mars. L’autorité indépendante, notamment chargée d’évaluer l’application des plans et programmes environnementaux, estime que « seule la Bretagne » est parvenue à des « améliorations significatives » en matière de réduction de la pollution au nitrate. Dans toutes les autres régions, les « quelques résultats favorables restent limités, insuffisants et fragiles ». Ils ne peuvent en outre « pas toujours être attribués aux mesures du plan », ajoute-t-elle. L’Autorité environnementale a donc « été amenée à adopter des avis très critiques » sur les plans nitrates ces dernières années. « D’autant plus qu’il s’agissait de la sixième génération de plans », conclut-elle.