Face aux importations horticoles, la filière mise sur la qualité des produits pour se démarquer de la concurrence extérieure et table sur l'innovation dans les serres et les outils d'automatisation. Cette position du président du conseil spécialisé de FranceAgriMer, Jean-Pierre Mariné, a été réaffirmée le 25 février au Salon.
Devant la montée lente mais régulière des importations et l'érosion du nombre d'exploitations horticoles, la filière mise sur la qualité de l'offre française identifiée par un logo, « Fleur de France », et sur l'innovation. Jean-Pierre Mariné a souligné cette préoccupation, une semaine après le lancement opérationnel du logo « Fleur de France » au salon du végétal d'Angers.
Les fleurs coupées importées à 85%
Les importations horticoles représentent un milliard d'euros pour un chiffre d'affaires total de trois milliards. « Avec le logo, nous comptons encourager l'achat de fleurs produites en France. Le même type de logo a réussi au secteur de la viande », a précisé Jean-Pierre Mariné. Une grande partie du déficit provient du segment des fleurs coupées. Celles-ci sont importées à 85%. Les principaux compétiteurs sont les Pays-Bas, la Colombie, le Kenya et Israël. « Il faut répondre à la concurrence internationale autrement que par le seul prix. Nous devons nous démarquer par un bon rapport qualité-prix », a ajouté François Félix, président de la Fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières (FNPHP), en marge du Salon. Pour l'heure, la profession a développé « Fleur de France » comme identification d'origine, « Plante Bleue » comme certification d'entreprise sur des critères de RSE (responsabilité sociale et environnementale) et le label rouge (récemment attribué) comme signe indiquant une qualité supérieure.
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Des segments de marché à conquérir par des coopératives ou des PME
« La fleur coupée est pourtant un segment dans lequel des entreprises ou des coopératives pourraient se lancer », a fait remarquer le président du conseil horticole de FranceAgriMer. Pour l'instant, la réalité, c'est une glissade du nombre d'exploitations horticoles françaises : -4% par an.
Le secteur cherche à redresser sa compétitivité. Il compte bénéficier de fonds du programme d'investissements d'avenir (BPI) au titre du soutien aux serres horticoles et maraîchères (14 M€). Il espère aussi recevoir une part des 120 M€ affectées par le BPI aux filières agricoles, dont la moitié (60 M€) est prévue pour leur compétitivité. « Nous avons à investir massivement dans les outils d'économie d'énergie et d'automatisation », a commenté François Félix. Ce dernier estime aussi par ailleurs que les professionnels pourraient investir dans un secteur à fort contenu technologique : la production de boutures. Jean-Pierre Mariné verrait volontiers des coopératives s'emparer de tels projets. Des PME pourraient aussi le faire, a estimé quant à lui François Félix.