L’ensemble des aliments conservés a été marqué en 2004 par une quasi stabilité de tous ses indicateurs à l’exception d’une dégradation de ses échanges extérieurs.
Principale activité, avec le traiteur frais (Synafap) regroupée dans l’association professionnelle Adepale, l’industrie des aliments conservés (appertisé, confitures, spécialités,…) a réalisé, avec 130 entreprises en 2004, un chiffre d’affaires cumulé de 4,580 milliards d’euros contre 4,5 milliards en 2003. La production n’a progressé, selon le dernier rapport économique de la profession, que de 0,6% à 2,9 millions de tonnes hors confitures, compotes et légumes surgelés.
Fruits : croissance à 2 chiffres en hard discount
Hormis un léger rattrapage en légumes et maïs doux appertisés, qui avaient souffert de la sécheresse en 2003, ce sont les fruits transformés qui se sont montrés dynamiques. La consommation apparente a progressé de 1 à 2% pour atteindre 3,5 MT, grâce là aussi aux fruits (augmentation des ventes de compotes au rayon frais et dynamisme du hard discount dont la croissance est à deux chiffres). Globalement, l’incidence de la baisse des prix « Sarkozy » a conduit à un recul des prix de vente des fabricants, non systématiquement répercuté par les distributeurs, et sans effet sur les volumes vendus. La rentabilité des entreprises concernées en a pâti d’autant.
Des exportations pourtant mieux valorisées
La dégradation des échanges extérieurs est imputable aux principaux produits avec un moindre excédent en légumes et des déficits croissants en champignon, tomates et plats cuisinés. Les exportations progressent en valeur de 3,4% à 971 M EUR, mais elles diminuent en volume (-2,6%) leur structure évolue vers des produits à plus forte valeur ajoutée (poissons, confitures et plats cuisinés). Une disparité subsiste : d’un côté, des secteurs sont très ouverts sur l’extérieur (légumes, champignons, tomates, confitures et poissons) avec des taux d’export de 25 à 50 % de la production, et de l’autre les plats cuisinés qui n’en sont qu’à 10 %. De même, les importations couvrent une part importante de la consommation de poissons appertisés et des tomates (86 %) mais seulement 9 % de celle de plats cuisinés.
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Au total, les évolutions enregistrées en 2004 confirment, parfois en les accentuant, les tendances de ces dernières années : sur un marché mature, la consommation réussit à se maintenir à un niveau élevé grâce à des innovations en recettes et conditionnements, à une promotion collective dynamique et à un excellent rapport qualité-prix.
Poids croissant des produits importés
La consommation est approvisionnée de manière croissante par des produits importés et tout porte à croire, selon le rapport, que, pour certains secteurs du moins, cette tendance va se poursuivre : la mondialisation des échanges, la baisse programmée des droits de douane (accords multilatéraux ou bilatéraux), la montée en puissance de certaines industries en Asie et en Amérique du sud ne peuvent que porter au pessimisme sur le maintien sur le sol français de la production de « commodities » puisque ces produits font souvent l’objet de concessions dans les négociations internationales au profit de secteurs plus «technologiques».
L’avenir de l’industrie française des aliments conservés – au premier rang européen en légumes transformés et plats appertisés, au 3e rang en fruits et poissons appertisés – dépendra donc de sa faculté d’adaptation. Disposant de nombreux atouts, son développement est lié à sa capacité à proposer aux consommateurs français et européens mais également à ceux des pays tiers, des produits sans cesse plus variés, adaptés aux cycles de vie, innovants en process, produits et packagings.