Quatre anciens ministres de l’Agriculture, deux de gauche (Henri Nallet et Michel Rocard) et deux de droite (Pierre Méhaignerie et Philippe Vasseur) se sont exprimés ensemble dans le quotidien Le Monde dans un article publié dans l’édition datée du 2 mai. « Le développement des agricultures vivrières (du Sud) est la tâche urgente et prioritaire que doit se donner la communauté internationale, écrivaient-ils, car c’est d’abord dans ces pays que la population va croître très vite dans les prochaines années ». « C’est dans le Sud que se jouera l’avenir alimentaire de l’humanité. Il ne peut pas être laissé aux seuls soins du marché, des surplus du Nord et des bonnes opérations des spéculateurs. Il faut qu’il soit l’affaire des paysans du Sud et de leurs responsables avec le soutien et la protection des pays mieux dotés. » Et de poursuivre : « Cet effort pour l’autonomie alimentaire des pays du Sud correspond à l’intérêt bien compris des pays du Nord. En effet, si la demande alimentaire est pour partie satisfaite localement en Afrique et en Asie, les grands pays producteurs du Nord pourront à leur tour modifier radicalement leurs politiques agricoles dans le sens exigé par l’opinion publique : plus de qualité et moins de pollution consécutive au grand mouvement d’intensification qui a permis à la fois la libéralisation des marchés et la baisse des prix. Ils pourront même, sans mauvaise conscience, consacrer une petite fraction de leurs terres arables à produire des biocarburants afin de contribuer à la diversification nécessaire de leurs sources d’énergie, dès lors que leur bénéfice pour l’environnement est globalement démontré. »
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