Le nombre d’unités de méthanisation pour utilisation comme bio-GNV (gaz naturel pour véhicules) devrait quadrupler d’ici fin 2018, a indiqué le 21 septembre Véronique Bel, chef de projet « mobilité » à GRDF. Cette utilisation sous forme de carburant est la plus rémunératrice, disent les experts. Elle est largement issue de déchets agroalimentaires et d’effluents d’élevage mais elle peut également être issue de cultures dédiées.
Le nombre de stations de bio-GNV couplées à des unités de méthanisation devrait passer de 24 actuellement à une centaine d’ici fin 2018, selon Véronique Bel. Le biométhane est du biogaz épuré de son CO2 et de ses impuretés diverses. Du fait de cette épuration, le biométhane est une molécule identique à celle du méthane fossile.
Pour l’instant, sur les 487 unités de méthanisation en France, la grande majorité (463) brûlent le biogaz en cogénération. Mais l’utilisation du biogaz sous forme de biométhane-carburant est plus rémunératrice qu’en cogénération (production d’électricité et de chaleur), ont redit les spécialistes de GRDF et du Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Île de France (Sigief), lors d’une conférence de presse le 21 septembre. En outre, la loi de transition énergétique favorise ce fléchage du biogaz vers le biométhane pour les véhicules : 20 % du GNV devront être du bioGNV en 2023. L’utilisation en injection dans le réseau valorise un peu moins bien le biométhane qu’en carburation. Enfin la cogénération donne la valorisation la plus basse, parce qu’il n’est pas toujours possible d’utiliser la chaleur, notamment en été.
Les parcs des entreprises se mettent au GNV, et demain au bioGNV
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« Nous croyons que le GNV, et surtout le bioGNV, profitera aux transports et à l’activité des territoires », a déclaré Édouard Sauvage, directeur général de GRDF, citant les objectifs de la Cop 21 de réduction des gaz à effet de serre. L’opération de communication de GRDF a montré l’engagement de groupes en faveur du GNV et du bioGNV. Ainsi, Monoprix développe un parc de camions roulant au GNV, le bioGNV étant l’objectif ultime en termes de durabilité. « Notre objectif à moyen terme est d’acheter des certificats de bioGNV », a indiqué Cédric de Barbeyrac, responsable de la logistique pour l’Île de France chez Monoprix. Ces certificats sont des garanties d’origine, preuves que l’acheteur acquiert, à l’équivalent, du bioGNV, selon le même fonctionnement des certificats verts que celui qui existe pour l’électricité provenant d’énergies renouvelables. Dans le cas du gaz, le biométhane coûte 15 à 20 % plus cher que le méthane fossile pour l’instant, selon Cédric de Barbeyrac.
Le constructeur Fiat a quant à lui indiqué qu’outre sa gamme de trois modèles de fourgonnettes fonctionnant au GNV, il est en train de développer en Italie et au Royaume-Uni un prototype de tracteur au gaz, via sa filiale Case New Holland. « On verra sans doute des coopératives agricoles, groupements de producteurs ou entreprises privées exploitant des unités de méthanisation installer des stations de bioGNV pour des tracteurs roulant au biométhane en circuit court », a extrapolé Yves Lecomte, directeur du marketing chez Fiat.