Le petit ouvrage Menaces sur la civilisation du vin fustige le projet de réforme de l’OCM viticole. « La Commission européenne était placée devant deux possibilités : soit affirmer la prééminence d’une civilisation, d’une culture, d’un art de vie [...] et de la juste rémunération des viticulteurs, soit soumettre l’Europe au “Nouveau monde”, [...] s’aligner sur une conception mercantile, uniformisatrice, standardisée. Bien entendu c’est le deuxième choix qui est proposé. » Cette phrase extraite du livre de Raoul Marc Jennar, docteur en science politique, en illustre bien l’esprit. L’auteur commence par faire le point sur le projet de réforme pour en pointer les défauts et surtout insister sur les conséquences pour la viticulture européenne. La libéralisation des plantations par exemple : « Si le droit de plantation disparaît, c’est la valeur patrimoniale de la vigne qui est affectée. Et on doit s’attendre à un effondrement du prix du foncier ». Mais aussi les nouvelles pratiques œnologiques ou la libéralisation de l’étiquetage. Raoul Marc Jennar désigne des responsables : des grandes firmes qui pratiquent le lobbying auprès de la Commission afin d’imposer leurs intérêts. Elles veulent « effacer le producteur de la mémoire du vin, pour laisser le champ libre à un produit défini selon des standards agroalimentaires ».
Menaces sur la civilisation du vin, de Raoul Marc Jennar, Éditions Aden, 8 euros.Restez au courant en temps réel !
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