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Volaille Quelques indicateurs au vert en 2009 pour la filière bretonne

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Dans le maëlstrom des crises agricoles, le poulet est l'unique espèce en volaille-chair -et un des rares secteurs en Bretagne- à avoir tiré son épingle du jeu, en 2009. Du moins à avoir résisté un peu mieux à l'effondrement des marchés. Mais ce redressement pourrait n'être que conjoncturel.

Au chapitre dédié à l'industrie avicole, dans l'édition 2010 de l'Economie agricole bretonne que les chambres d'agriculture de Bretagne viennent tout juste de publier (1), l'auteur relève qu'au niveau national, le cumul des abattages contrôlés de janvier à fin novembre témoigne d'une légère reprise en poulet (+ 0,1 %). Sur la même période, les abattages de dindes et de canards ont reculé, eux, respectivement de 7,3 % et 6,7 %.
En Bretagne, qui concentre 34 % des abattages de volailles-chair (580 000 t en 2008), l'espèce gallus a en revanche perdu davantage de sa superbe qu'au niveau national. Le tonnage abattu dans la région reculerait au global de 5 % sur les onze premiers mois de l'année, le poulet limitant la casse à -1 % alors que la dinde plongerait de nouveau de 8 % et les autres espèces (canards, coquelets, pintades) dégringoleraient de 16 %. En dépit de ces chiffres, l'étude consacrée à la volaille-chair continue de dire que « l'année 2009 (a) été favorable en volaille, sauf pour le lapin. »
Son auteur estime, en effet, que les fondamentaux du marché reviennent au vert. Les producteurs retrouvent de la rentabilité et les mises en place augmentent. Après deux années 2007 et 2008 marquées par une valse des étiquettes (+ 17,6 % en 2007, + 8,5 % en 2008), le prix du poulet à cuire standard a reculé de 4,9 % l'an passé (à fin novembre), en prix de gros à Rungis. Le poulet PAC label a également perdu 5,4 % de sa valeur sur la période, tout comme les produits de découpe de dinde. En revanche le prix de vente « consommateur » des volailles, toutes espèces confondues n'a baissé que de 1 % dans l'année, alors qu'il avait pris 11 % en 2008.

Marché extérieur en berne
Dans la crise économique, ce très léger recul du prix a pourtant suffi à dynamiser les ventes de volailles qui ont progressé de 1,8 % toujours sur les onze premiers mois de l'année, et même de 3 % pour le poulet. Les consommateurs ont préféré le poulet standard au label, la découpe (+ 5,5 %) et l'élaboré (+ 3,1 %) à l'entier. Ont-ils été sensibles à l'évolution de la réglementation européenne qui interdit désormais la vente en frais de produits ayant subi, à une étape de leur transformation, un stade de congélation ? L'avenir seul le dira.
Sur le marché extérieur, en revanche, ni la France ni la Bretagne n'ont été performants, une fois de plus. La baisse des prix de la volaille-chair au départ de la Bretagne a, mécaniquement, contribué à faire chuter la valeur de la production exportée d'environ 10 % sur les dix premiers mois de 2009, par rapport à la même période de 2008. Les ventes vers l'Allemagne chutent de 30 %, celles vers la Russie de 45 % « du fait des restrictions imposées sur ce marché en 2009 », souligne l'étude des chambres d'agriculture de Bretagne. Parallèlement, les importations de viandes de volaille en France ont encore augmenté (+ 9 M de tec) en 2009. Aussi, si les comptes de la volaille-chair semblent s'être redressés en 2009 – après un recul de la production de 20 % en dix ans – l'accalmie pourrait être de courte durée.

(1) Economie agricole bretonne : analyse et perspectives. Edition 2010. Prix 25 €. Contact mail : [email protected]

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