A l’occasion des Rencontres de Colmar, Michel Issaly a confié que la réforme des AOC soulève beaucoup de questions parmi les adhérents. Le syndicat des Vignerons indépendants souhaite un état des lieux de cette réforme.
Quelles sont les questions de vos adhérents au sujet de la réforme des AOC ?
Michel Issaly : Nous avons beaucoup de questions des adhérents qui ne comprennent pas où va la réforme. Veut-on faire des AOC standardisées ? Les vins basiques vont-ils servir de base à la dégustation ? Est-ce que l’on ne déguste que les « défauts » des vins ?
Un autre type de question se pose : les AOC peuvent-elles adopter des normes industrielles ? Les AOC peuvent devenir des AOP. Bruxelles accepte pour les AOP les pratiques œnologiques de l’OIV (Organisation internationale du vin) : copeaux, osmose, flash-pasteurisation, osmo-vinification. L’INAO ne s’est pas positionnée en France sur ces questions. A chaque organisme de gestion de se déterminer.
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En fait, dans les quelques cahiers des charges d’AOC déjà validés, il n’y a aucun positionnement sur ces techniques. Si on les accepte, quid des terroirs ? Nous souhaitons en tant que VIF que le débat soit ouvert.
Pensez-vous comme Claude Bourguignon qu’il faut introduire des règles d’agronomie dans les cahiers des charges des AOC ?
Michel Issaly :Il faut commencer par là si on veut protéger les AOC. Nous voulons créer un groupe de réflexion d’ici un mois ou un peu plus, auquel Claude Bourguignon a accepté de participer, sur la réforme des AOC et la manière dont on veut faire évoluer les règles. La réforme a été mise en place trop vite. La majorité des cahiers des charges des AOC ne sont pas validés parce que l’on ne comprend pas dans quelle direction on va. On ne sait pas sur quoi s’appuient les Organismes d’inspection (OI) pour faire leur travail aujourd’hui. Ils forcent sur la dégustation organoleptique. Mais le goût n’est pas le point le plus important de la réforme. On voit aujourd’hui de très bons vins sortir des AOC parce qu’ils ont des goûts trop différents des autres. Il faut faire un état des lieux de la réforme.