Ce n’est pas dans les bras de l’américain Burger King que la chaîne de restauration rapide belge poursuivra son aventure, mais dans l’escarcelle de la Caisse des dépôts et consignations. L’actionnaire de référence de Quick, la société d’investissement GIB, a en effet accepté l’offre publique d’achat de CDC Capital Investissement, qui avec l’équipe dirigeante de la chaîne de restauration, a monté un véhicule d’acquisition, laquelle lancera une offre sur tous les titres du capital de Quick. Sous pavillon français, Jean-Paul Brayer, qui restera à la tête de l’entreprise, compte poursuivre le développement de l’enseigne, en France et en Belgique, mais aussi sous le soleil du Maghreb.
Après avoir dû quitter la France en 1998 faute de pouvoir résister à la concurrence de McDonald’s, Burger King aurait peut-être aimé prendre sa revanche, et réapparaître sur l’hexagone, sous un autre nom, plus en vogue, Quick. Mais si Burger King a caressé le rêve d’un rachat du numéro deux en France du fast-food, le rêve a tourné court. Quick volera sous d’autres cieux. Ceux de la Caisse des dépôts et consignations, dont la filiale CDC Capital Investissement a lancé une offre publique d’achat sur l’intégralité du capital de Quick, avant de conclure un accord définitif avec l’équipe dirigeante de la chaîne franco-belge en vue d’une acquisition conjointe. L’actionnaire de référence du restaurateur belge, GIB SA, ayant accepté l’offre, le numéro un belge du hamburger devrait rapidement passer sous pavillon français.
La société actionnaire GIB consent à céder ses titres
Afin de réaliser l’opération, la CDC et l’équipe dirigeante de Quick, composée des membres du comité exécutif et d’une vingtaine de salariés occupant des postes de direction, ont monté un « véhicule d’acquisition » qui s’est engagé, après dépôt d’un avis auprès des autorités boursières belges, à lancer une offre sur tous les titres du capital, au prix de 37,8 euros par action. L’OPA fait l’affaire de la société d’investissement GIB – filiale commune de deux holdings belges Ackermans & Harren (AvH) et la CNP du baron Albert Frère – qui détient 57,42 % du capital. En effet, la proposition valorise la chaîne de restauration à près de 800 millions d’euros, un montant proche du chiffre d’affaires de l’enseigne en 2005 (760 millions d’euros), montant sur lequel la société GIB encaisserait quelque 423 millions d’euros. Cela permettrait aux deux holdings de réaliser des plus-values de 150 millions d’euros chacune. La société actionnaire s’est quant à elle engagée à « renoncer à toute contre-offre et a consenti à ce véhicule une promesse de vente sur toutes les actions Quick qu’elle détient », les 42 % restant étant dispersés dans le public. Burger King ne pourra donc en aucun cas s’immiscer dans la partie. A terme, probablement avant la fin de l’année calendaire, l’équipe dirigeante, emmenée par Jean-Paul Brayer, devrait détenir autour de 5 % de Quick Restaurants, la holding qui chapeaute Quick France et Quick Belgique, contre 95 % pour la CDC.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Après le redressement, le développement
Cette organisation bicéphale, symbolisée par deux sièges administratifs, l’un à Berchem dans le nord de la Belgique et l’autre à Villepinte, indispensable selon Jean-Paul Brayer, devrait être maintenue, et c’est sur ce double terrain de jeu, que le développement devrait se poursuivre, en priorité. Si en Belgique et au Luxembourg, Quick, avec ses 80 établissements, est numéro un devant son concurrent historique, c’est en France que la chaîne prospère le plus. Avec ses 320 restaurants, elle parvient à rivaliser avec le millier de boutiques McDonald’s. Il faut dire que depuis les années de vaches maigres de 2000 à 2002, le fleuron belge a repris du poids. Redressée par Jean-Paul Brayer, l’enseigne a renoué avec la croissance en 2002, avec les bénéfices l’année suivante. En 2005, le résultat net part du groupe a bondi de 86 % à 27,3 millions d’euros, et la tendance haussière se poursuit en 2006. Sur le premier trimestre de l’année, les ventes à l’enseigne ont progressé de 6 %, le résultat opérationnel de près de 10%, et le bénéfice net est en croissance de près de 7 % à 14,5 millions d’euros. Le management a ainsi pu confirmer pour l’ensemble de l’année, des ventes à l’enseigne autour de 800 millions d’euros, et des résultats opérationnels en croissance de 9 à 10%. Jean-Paul Brayer, qui table sur un développement régulier de 5% par an en France et en Belgique, estime que le changement d’actionnaire « devrait nous permettre d’accélérer notre phase de relance ». Première destination visée : le Maghreb.
Mais pour Burger King, tout n’est pas définitivement perdu. « La CDC n’a pas vocation à rester très longtemps dans l’actionnariat de Quick, a dit Jean-Paul Brayer, évoquant une durée de cinq ans. Ensuite, Quick sera sûrement « revendu à des industriels du secteur» a-t-il précisé. D’ici quelques années, un rapprochement n’est donc pas exclu.