Le secteur du sucre a été complètement restructuré. La fin des quotas sur le sucre en 2017 a été bien préparée et nous nous sommes donnés la possibilité d’agir en cas de perturbation grave du marché dans le secteur du sucre. C’est la réponse apaisante que la Commission européenne a donnée à un eurodéputé qui lui demandait si, à l’approche de la fin des quotas sucriers, elle comptait mettre en place des outils visant à prévenir une quelconque perturbation sur le marché européen, comme cela a été le cas dans le secteur du lait.
Dans sa réponse à l’eurodéputé belge, Claude Rolin (PPE), la Commission européenne a expliqué qu’en ce qui la concerne, l’abolition des quotas sur le sucre à partir du 30 septembre 2017, « a été soigneusement préparée et qu’entre 2006 et 2010, le secteur du sucre a été complètement restructuré. 5,4 milliards d’euros ont été consacrés à la création d’un secteur du sucre paré pour l’avenir. Parmi les 180 entreprises existantes avant la réforme, environ 80 entreprises produisant du sucre à partir de betteraves à sucre ont été fermées ». Par ailleurs, la Commission a rappelé à l’ancien leader syndicaliste belge, que comme dans d’autres secteurs, « elle garde la possibilité d’agir en cas de perturbation grave du marché dans le secteur du sucre ». De même, a-t-elle assuré, le stockage privé, les accords collectifs entre les agriculteurs et les producteurs de sucre ainsi que le régime de protection à l’importation continueront d’être appliqués. En outre, a-t-elle, souligné, « la politique agricole commune prévoit un soutien couplé facultatif en faveur des secteurs qui sont exposés au risque de déclin ».
2017 : une année clé pour le secteur du sucre
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Le règlement sur l’organisation commune de marché n°1308/2013 a fixé la fin des quotas sucriers au 30 septembre 2017. Le régime des quotas prévoyait non seulement une limitation de la production à 13,5 millions de tonnes par an mais également un prix minimum garanti pour les planteurs de sorte qu’il n’existait pas de réelle concurrence entre entreprises sucrières au stade de l’achat des betteraves à sucre. La fin du régime des quotas, à partir du 1er octobre 2017, va bien entendu changer la donne et les entreprises sucrières comme les planteurs devront donc être extrêmement vigilants s’agissant du respect des règles de concurrence et ce, dès le stade des négociations portant sur la campagne 2017-2018, première campagne post-quotas. Une nouvelle étape qui s’annonce donc dans la libéralisation du marché agricole, qui, après celle du lait, suscite des inquiétudes. Les acteurs de la filière du sucre redoutant comme les producteurs de lait, d’être confrontés à une chute des prix. Une première réforme en 2006 a déjà conduit plus de 44 % des entreprises à arrêter leurs activités. Mais pour la Commission européenne, la fin des quotas de sucre permettra aux producteurs de betteraves européens de toucher de nouveaux marchés pour écouler leur production. Elle estime que la production de sucre au niveau européen est inférieure à la consommation du produit sur le continent, que la demande mondiale en sucre est en hausse et que de nouveaux marchés, notamment dans les pays en développement (Asie, Afrique, Moyen-Orient), vont s’ouvrir pour y écouler les excédents européens. En France et en Europe, la fin des quotas laitiers le 31 mars 2015, qui a provoqué une crise importante pour la filière, est un précédent qui suscite l’inquiétude chez les producteurs de betteraves qui se préparent à devoir adapter leur production. De nombreux acteurs de la filière estiment qu’ils devront augmenter d’au moins 15 à 20 % leur production pour devenir compétitif au niveau mondial et conquérir les marchés émergents. Ils s’inquiètent notamment du réveil du Brésil, champion de la production de sucre au niveau mondial. En effet, la baisse de la production brésilienne, due à de mauvaises conditions climatiques et au phénomène El Niño, explique en partie la hausse des prix au niveau mondial.