Abonné

Rappels de laits infantiles : nouveaux seuils pour la céréulide

- - 3 min

L'Efsa a publié de nouveaux seuils concernant la toxine, ce qui a entraîné de nouveaux rappels de lots de laits infantiles. La plupart des fabricants ont recours au chinois Cabio Biotech pour se fournir en une huile riche en oméga-6.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a établi le 2 février des doses de référence maximum pour la toxine céréulide. Une concentration supérieure à 0,054 μg/l de céréulide dans les laits pour nourrissons ou supérieure à 0,1 μg dans les laits pour deuxième âge « pourrait entraîner un dépassement des niveaux de sécurité », a-t-elle indiqué.

Ces nouveaux seuils avaient été anticipés le 30 janvier par le ministère de l’Agriculture. « La France a choisi d’anticiper de nouvelles recommandations scientifiques en retenant, dès à présent, un seuil de 0,014 μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, soit un niveau de sécurité renforcé par rapport au seuil jusqu’ici appliqué (0,03 μg par kilogramme de masse corporelle) », a annoncé le ministère.

Cela a entraîné de nouveaux rappels de lots le 2 février, à l’image de ceux organisés par les marques Popote et Babybio fabriquées par Vitagermine. L’industriel précise avoir « mené des investigations pour s’assurer que l’ensemble des produits respectent ce nouveau seuil. Elles ont permis d’identifier trois lots de lait infantile premier âge » qui étaient « conformes à la norme en vigueur jusqu’à la semaine dernière », mais doivent désormais être retirés du marché.

Bactéries Bacillus cereus

Plusieurs industriels mettent en cause un fournisseur d’ingrédient chinois, Cabio Biotech, qui produit une huile riche en oméga-6. Cette huile aurait été contaminée par des bactéries Bacillus cereus, susceptibles de produire une toxine, la céréulide, qui peut provoquer vomissements et diarrhées. La plupart des fabricants de laits infantiles ayant recours à ce même fournisseur, de nombreux lots ont été retirés du marché.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Certains sont toutefois pointés du doigt pour avoir tardé à déclencher ces rappels. Nestlé a ainsi reconnu avoir attendu une analyse des risques pour la santé avant d’alerter les autorités néerlandaises, puis européennes. Vendredi 30 janvier, le quotidien Le Monde a indiqué que la présence d’une toxine dans des produits de Nestlé avait été identifiée dix jours avant les premiers rappels, dès la fin de novembre.

Nestlé évoque dans un communiqué de « très faibles niveaux » de toxine détectés fin novembre et rappelle l’absence « de réglementation fixant une limite maximale pour la céréulide ». « Nous avons néanmoins agi rapidement en retirant les produits ne répondant pas à nos exigences de qualité », ajoute le groupe. Nestlé assure avoir à ce moment-là « immédiatement bloqué la production » et lancé « des analyses plus approfondies en laboratoire ».

CB

Plusieurs industriels mettent en cause le fournisseur d’ingrédient chinois Cabio Biotech