Et maintenant que faire ? Les premiers résultats de l’observatoire des prix et des marges sont connus. Ils concernent certains produits de charcuterie. Demain, ce sera au tour des produits laitiers. Pour le jambon ou la côte de porc, cette marge, pour les grandes surfaces, est de plus de 40 %. Soit considérablement plus que pour les éleveurs de porcs pour lesquels la marge brute plafonne à 16 %. On sait qu’il faut se méfier des comparaisons. Mais que les uns, qui produisent un cochon en 6 mois, perçoivent une marge plus que deux fois inférieure à ceux qui en vendent des morceaux en une semaine, cela ne laisse pas d’étonner. Certains seront tentés d’y voir un scandale économique. Ce qui est sûr c’est que cet écart ne reflète pas une réalité économique mais un rapport de force, entre quatre ou cinq distributeurs d’une part, des milliers d’éleveurs et des centaines d’entreprises de transformation d’autre part. En tout cas, les agriculteurs, après avoir tant manifesté pour obtenir des données de cet ordre, pourraient s’étonner qu’on n’en fasse rien ou pas suffisamment. Et en même temps, ce n’est pas en manifestant de nouveau dans les magasins qu’ils annuleront cet écart de marge. Il faut trouver autre chose.
La seule solution de long terme qui en découle est claire : il faut réduire ce rapport de force entre l’amont et l’aval ou le retourner à son avantage. Certes, il existe déjà des groupements de producteurs dont la puissance commerciale est parfois considérable. Et puis, les industriels n’ont cessé de se concentrer durant les années récentes. Cela ne suffit pas, manifestement. L’amont agricole ou alimentaire se fait une concurrence toujours aussi intense. Sans faire naître, forcément, des marques aussi puissantes qu’un Nestlé ou un Coca Cola ou des appellations assez prestigieuses pour assurer des marges confortables à ses producteurs.

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