Difficile de changer d’époque. La loi de modernisation agricole avait cette ambition de préparer les secteurs qui le sont le moins au grand vent de la déréglementation qui souffle sur la Pac. La formule magique ? la contractualisation. Autrement dit aboutir à ce que les producteurs entrent dans des « relations commerciales normales » avec leurs acheteurs, en écrivant dans des contrats durables les engagements réciproques des deux parties. Ce primat donné à l’écrit et la crainte que chaque producteur risque de se retrouver seul pour négocier face à bien plus puissant que lui expliquent les résistances sur le terrain. Le gouvernement a cru bon de procéder par étapes, en n’imposant l’obligation de proposer des contrats qu’aux premiers acheteurs de fruits et légumes et de lait. Cet été la crise des fruits et légumes montre que le rendez-vous a été manqué. Dans la filière laitière, les débats syndicaux font rage avec une forte pression de Lactalis qui voudrait en finir pour le 30 septembre. Pourtant, le Médiateur nommé par les ministres de l’Agriculture et de l’Economie n’a pas été trop sollicité, ses premières saisines – une petite dizaine – ne lui étant parvenues que ces jours-ci. Pour la viande, le gouvernement a choisi de surseoir pour rendre la contractualisation obligatoire, espérant laisser sa chance à la négociation dans le cadre de l’interprofession. En réalité, rien n’avance même si la menace d’un décret a été brandie. Mais la meilleure façon de ne pas en sortir est de faire imploser Interbev en prenant à rebrousse poil les entreprises avec des projets comme celui du GIE Export.
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