Les producteurs de porc inquiets
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso « vient de porter un coup fatal aux producteurs de porcs européens », a dénoncé Daniel Picart, président du Marché du porc breton (MPB), le 23 octobre. Pour les éleveurs français, l’accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada va permettre chaque année l’importation de 83 000 tonnes de viande canadienne en Europe. En outre, l’accord garantit « le libre accès aux produits de porc transformés ». Selon le MPB, le coût de production du porc canadien est en moyenne 25% moins élevé qu’en Europe. « La compétition est trop inégale », s’inquiète l’organisation de producteurs. Pour la suite, les éleveurs de porcs français craignent que l’accord avec le Canada ne soit « le ballon d’essai avant un processus similaire avec les Etats-Unis ».
La FNB « scandalisée »
Les éleveurs de viande bovine sont « scandalisés » par l’accord de libre-échange UE/Canada, réagit la FNB dans un communiqué le 18 octobre. Ils dénoncent des ouvertures de contingent « inacceptables ». 50 000 tonnes de viandes bovines canadiennes en bénéficieront, contre 1 000 tonnes environ actuellement, d’après le secrétaire général Jean-Pierre Fleury, interrogé par l’AFP. Leur garantie de traçabilité et de sécurité alimentaire n’est pas la même, rappelle la FNB, avec aussi des « normes bien moins contraignantes en matière de respect de l'environnement et du bien-être animal ». « Quant au sujet des hormones et autres activateurs de croissance de substitution, il est clair que le doute subsistera en permanence sur les contingents des viandes importées des pays tiers, quand on sait que leur usage est la règle générale à l’extérieur de l’Europe », poursuit le communiqué. L’accord UE/Canada est d'autant plus préoccupant que Bruxelles a entamé au printemps des négociations en vue d'un accord similaire avec les États Unis. Or, les coûts de production en Amérique du Nord sont inférieurs de 30 à 40 %, selon Jean-Pierre Fleury
Coordination rurale : un accord qui « assomme les éleveurs »
La Coordination rurale dénonce l’accord de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada, qui « a pour unique but d'abaisser les prix des produits payés tant aux agriculteurs canadiens qu'européens ». Le syndicat « s’oppose formellement à ce type d'accord qui condamne l'agriculture à un modèle de libre-échange outrancier dans lequel les outils de régulation ne constituent qu’un leurre ». La Coordination rurale considère que personne ne sortira gagnant de cet accord : « le modèle canadien de régulation a largement montré son efficacité depuis de nombreuses années, tant pour le prix bas à la consommation que pour le paiement juste aux producteurs et cela sans aide publique », rappelle-t-elle. Dans le même temps, « la France est le pays européen qui va certainement payer le plus lourd tribut », craint-elle, considérant que les éleveurs sont « encore une fois sacrifiés au nom du dogme du libre-échange », en contradiction avec la volonté de la réforme de la PAC. En outre, le texte « fragilise la sécurité alimentaire des consommateurs mis face à des produits venus de loin et n'ayant pas subi les normes de production européennes », selon la Coordination rurale.
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