Chambres d’agriculture : « De fortes disparités entre les filières qui oblige à des réponses nouvelles »
« La volatilité des marchés, même si elle bénéficie actuellement à certains secteurs, nous inquiète », souligne Luc Guyau, président de l’APCA dans un communiqué suite à la publication des comptes de l’agriculture 2007. En effet, « les agriculteurs, ont besoin de lisibilité sur le moyen terme pour raisonner leurs investissements et leurs pratiques. (…) Aussi, les craintes des Français sur leur pouvoir d’achat se nourrissent aussi de ces volatilités, et ce d’autant que l’on communique davantage sur les hausses de prix que sur les baisses », souligne-t-il. Dans ce contexte, pour Luc Guyau, « il apparaît indispensable de pouvoir mettre en œuvre, en Europe, des outils de gestion de risque et de régulation des marchés, dans l’intérêt des agriculteurs, des consommateurs et des emplois des industries agroalimentaires ». Les disparités de revenu entre spécialisation et régions, appellent « de la part de la profession agricole, une solidarité et un débat sur la réorientation des soutiens, pour tenir compte des équilibres entre territoires et entre filières », conclut le président de l’APCA.
Coordination rurale : « De graves disparités »
« La hausse des revenus annoncée pour l’agriculture en 2007 masque une situation très préoccupante de l’agriculture française dont la caractéristique majeure est la disparité non seulement entre secteurs mais aussi en leur sein », souligne la Coordination rurale (CR) dans un communiqué. L’annonce de l’augmentation de 17% du revenu des agriculteurs ne « reflète pas la réalité du terrain, faite d’instabilité et d’hétérogénéité des revenus. Les pouvoirs publics ne doivent pas se satisfaire de ces chiffres qui traduisent l’échec de la Pac », estime la CR. « C’est le cas notamment des exploitations spécialisées en grandes cultures. Certes les cours des céréales ont été très favorables mais ont connu d’énormes variations qui ont placé les producteurs dans des situations extrêmement différentes selon qu’ils ont vendu leur récolte à 130 € ou à 300 € la tonne… », explique le syndicat. La présidence française de l’UE doit « immédiatement ouvrir le chantier d’une Pac rénovée garantissant des prix stables et raisonnables aux consommateurs et un revenu correct aux agriculteurs ».
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Ministère de l’Agriculture : « L’année de tous les contrastes »
Pour Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, « l’année 2007 est l’année de tous les contrastes », précise un communiqué du 2 juillet. « L’augmentation du prix de certaines matières premières agricoles sur les marchés mondiaux génère une amélioration du revenu pour certains et constitue une charge pour d’autres. Ce sont les éleveurs qui paient le prix le plus lourd », analyse le ministre. Dans ce contexte, « le bilan de santé de la Pac qui sera conclu sous présidence française doit être l’occasion à la fois de prendre en compte la réalité des marchés marquée par leur volatilité et de réorienter les soutiens », avance Michel Barnier. Le ministère de l’Agriculture rappelle que le revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié qui progresse de 17 % en termes réels par rapport à 2006. Ce revenu « se situe à plus du double de la moyenne des pays européens, si l’on retient le résultat agricole par actif, indicateur utilisé pour les comparaisons européennes », précise le ministère.