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Réactions des syndicats : résultats tempérés et méthode critiquée

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« En dépit de la hausse du résultat, les agriculteurs auront sans doute un ressenti différent », explique Claude Cochonneau, président des chambres d’agriculture (APCA), dans un communiqué de presse du 18 décembre, en réaction à la publication des comptes prévisionnels de l’agriculture. Pour l’APCA, le « redressement significatif du résultat » de la branche agricole est lié à « un coup de frein sur les charges » et à « un ralentissement de l’investissement ». Et même si « de nombreux secteurs d’activité ont connu une conjoncture favorable », certains secteurs, comme le porc, connaissent de fortes baisses des prix, déplorent les chambres d’agriculture.

Un constat partagé par la FNSEA pour qui, cette analyse globale de l’agriculture comme un tout « cache une réalité très différente, où le rattrapage de certains vient masquer les autres variations, avec des filières qui sont particulièrement affectées ». Le syndicat majoritaire constate également « que la valeur ajoutée de la branche agricole est structurellement en baisse » et que « de la valeur est détruite depuis 15 ans ».

« Il est clair qu’après la chute abyssale des revenus de 2016 et malgré les légères hausses de 2017 et de cette année, les comptes des agriculteurs ne se relèvent toujours pas », analyse la Coordination rurale. « C’est en effet principalement au secteur des vins et spiritueux, sinistré l’an dernier […] qu’est due cette progression » alors que « le secteur de l’élevage demeure au-dessous d’un seuil normal de rentabilité ».

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Les deux syndicats diffèrent sur les réponses immédiates à apporter. Coté FNSEA, on prône « la concrétisation des États généraux de l’alimentation » et la fin de « l’agri-bashing ». À la CR, on demande une protection de l’agriculture européenne « des importations prédatrices ».

Sur un autre registre, la Confédération paysanne préfère critiquer la méthode : « La Commission des comptes de l’agriculture de la Nation peine à atteindre l’objectif qui lui est assigné : être un instrument d’évaluation et de pilotage des politiques publiques », estime le syndicat. Il regrette notamment « l’absence de résultat par orientation technico-économique des exploitations (Otex) et par taille », notamment pour les petites fermes. Le syndicat estime que les chiffres fournis ne permettent pas « d’entrer dans le détail des situations ».

« Le rattrapage de certains vient masquer les autres variations, avec des filières qui sont particulièrement affectées »