Une récente étude du CNASEA (Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles) inspecte les moyens de limiter les départs précoces d’exploitants et de favoriser l’installation.
L’enjeu des départs précoce est de taille : chaque année 12 000 à 13 000 exploitants quittent avant 55 ans, soit environ 40 % du total des cessations d’activité. « Toutes les classes d’âges sont touchées. Néanmoins, on sait que les femmes partent proportionnellement deux fois plus que les hommes, que la production ne semble pas entrer en compte (sauf les productions très atypiques), que les non-diplômés et les locataires sont plus touchés », indique François Lefebvre, auteur de l’étude.
Limiter les départs
Premier moyen d’action, limiter les départs. Pour les départs dus à des raisons économiques (53 % des départs précoces), un levier possible est la multifonctionnalité de l’agriculture : la diversification, la vente directe, la transformation ou les activités touristiques. Un autre est d’ouvrir, sous conditions, aux agriculteurs n’ayant pas bénéficié de la DJA (dotation aux jeunes agriculteurs), les droits aux prêts bonifiés, à produire et au contrôle des structures. « Il ne s’agit pas de proposer de réintégrer en masse les non-aidés, mais plutôt d’aider les plus dynamiques d’entre eux qui auront su montrer leurs compétences après quelques années et avoir des exploitations viables ».
Pour les départs dus à des raisons de santé (20 % des départs non économiques), l’étude suggère de renforcer les aides à l’incapacité temporaire. La demande en aides spécifiques est surtout attendue en terme de main-d’œuvre. Une réflexion devrait être engagée en pareil cas soit en terme d’assurance-revenus, soit en terme d’adaptation des modalités d’intervention des services de remplacement (aide MSA, aide spécifique). Elle propose aussi un nouveau statut juridique en cas de maladies de longue durée, s’apparentant à un parrainage Ficia (Fonds de financement du régime social agricole), avec engagement de transmission dans un délai donné.
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Enfin nombre de départs s’expliquent par l’absence de successeur. L’étude suggère des répertoires à l’installation et un meilleur suivi de cette population marquée par l’isolement et le manque de contacts.
Favoriser l’installation
Second moyen d’action, favoriser l’installation. Sur ce sujet, l’étude explore plusieurs solutions, à commencer par une « utilisation dynamique » du contrôle des structures. « Il devrait être réaffirmé que les Safer peuvent, grâce à la procédure de la CMD (Commission mixte départementale), se porter candidates à la reprise d’exploitations. Pour renforcer leur capacité d’installation, les CMD devraient être portées à 18 ans. Durant ce délai, le « locataire » installé par la Safer pourrait à tout moment conclure un bail rural avec le propriétaire (ou acheter la propriété)».
L’étude fait aussi le « pari de la formation » dans le cas de l’exploitation sociétaire, pour optimiser le remplacement d’un associé, sachant que les départs pour cause de mésentente entre associés représentent le quart des départs pour les exploitations à statut sociétaire. Elle recommande de former dès l’école le futur jeune agriculteur aux méthodes de travail dans des structures sociétaires et de former les exploitants en place à l’accueil d’un nouveau membre.