La moisson française 2021 montre un fort rebond de la production de céréales à paille et de protéagineux, sous l’effet d’une hausse des surfaces et rendements, indique le ministère de l’Agriculture.
« La récolte de céréales à paille dépasserait 53 Mt, soit près de 10 Mt de plus qu’en 2020 », selon une note du service statistique Agreste parue le 12 juillet. En blé tendre, 37,1 Mt sont prévues (+27,1 % sur un an), avec un rendement de 75,1 q/ha (contre 68,5 q/ha en 2020). Arvalis – Institut du Végétal a, lui, publié le 9 juillet une estimation de 74 q/ha, soit +4 % par rapport à la moyenne des dix dernières années. Sur le plan qualitatif, le taux de protéines du blé tendre atteindrait 11,6 %, « une valeur équivalente à celle de 2020 et à la moyenne décennale », d’après son communiqué.
« Ces niveaux de rendement et de protéines devraient nous permettre d’approvisionner l’ensemble de nos clients en France et à l’international », souligne le président d’Intercéréales Jean-François Loiseau. Le rendement montre « des hétérogénéités régionales et des effets liés à la profondeur des sols, notamment dans le sud du pays », précise Arvalis. La moitié nord a bénéficié d’« une pluviométrie convenable et de températures relativement fraîches au cours du printemps, favorisant l’expression du potentiel des cultures », explique François Laurent, le directeur R & D. « Dans le sud, l’hiver humide suivi de sécheresses parfois très intenses de fin février à fin avril ont pu en revanche entamer partiellement ce potentiel. »
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Les orges tirées par les rendements
Le blé dur atteindrait 1,62 Mt (+24 %), avec 56,3 q/ha (contre 51,9 q/ha), d’après Agreste. Cela reste un niveau de production inférieur de 4,5 % à la moyenne quinquennale. Les surfaces, bien qu’en hausse à 288 000 ha (+14,4 % par rapport à 2020), montrent encore un décrochage par rapport aux 322 000 ha de moyenne 2016-2020. Agreste pointe la singularité de la région Centre, où la production grimpe à la fois par rapport à 2020 et à la moyenne 2016-2020 (respectivement +19,4 % et +26,5 %). Côté orges, la progression est moins soutenue, à 11,3 Mt (+8,4 %), malgré une hausse des rendements, y compris pour l’orge de printemps à 62,2 q/ha (contre 49,1 q/ha). Les protéagineux seraient au « plus haut niveau depuis 2010 », proches de 1,2 Mt (+46,7 %), avec 38 q/ha en pois (contre 27,5 q/ha). Leurs surfaces affichent une augmentation pour la troisième année consécutive.
Enfin Agreste révise à la hausse ses estimations de récolte en orge d’hiver, à 66,8 q/ha (contre 55,3 q/ha l’an dernier), et colza, à 30,7 q/ha (contre 29,5 q/ha). Fait notable, la production de colza, « en recul de 9 % sur un an et de 31,4 % par rapport à la moyenne 2016-2020 », tomberait pour la première fois depuis 2001 sous la barre des 3 Mt. L’évolution des surfaces est en cause : elles seraient inférieures à 1 Mha pour la première fois depuis 1997.