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Protection des plantes Recenser et tester les méthodes alternatives économes en pesticides

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Lors de la 4e conférence internationale sur les méthodes alternatives en protection des cultures, le 8 mars à Lille, Yves Monnet, représentant de la Direction générale à l’alimentation (DGAL), a rappelé la nécessité de recenser les stratégies de protection des cultures économes en pesticides. Ceci devant, selon lui, être fait par filière au niveau national et international, en prouvant la pertinence de ces méthodes vis-à-vis de la santé publique, de la préservation de l’environnement et leur intérêt au niveau technico-économique.

«Il est nécessaire de recenser les stratégies mobilisables en protection des cultures économes en pesticides afin de les diffuser largement », a déclaré Yves Monnet, représentant de la DGAL, lors de la 4e conférence internationale sur les méthodes alternatives en protection des cultures, le 8 mars à Lille. D’ailleurs, selon Jean-Claude Malet, lui aussi de la DGAL, la baisse des disponibilités en substances actives autorisées et les objectifs du plan Ecophyto imposent de réintroduire l’agronomie en protection des cultures.

Tester l’intérêt et les effets des méthodes alternatives
« L’intérêt des méthodes alternatives aux pesticides doit être mesuré par des essais comparatifs, souvent plus complexes que dans le cas de la lutte conventionnelle », a expliqué Jean-Claude Malet. Selon lui, l’expérimentation de moyens de lutte alternatifs nécessite la mise en place de dispositifs plus sophistiqués, compte tenu de la complexité liée aux combinaisons de méthodes à mettre en œuvre. En effet, il s’agit souvent de mesurer les effets combinés ou séparés de pratiques culturales ou de préparations pouvant remplacer l’usage de pesticides. A ce titre, le réseau d’expérimentation de la DGAL/SDQPV, qui s’appuie sur quinze sites en métropole et un à la Réunion, a consacré 25% de ses expérimentations en 2010, soit 90 essais, à la diminution ou au remplacement des intrants chimiques par des moyens alternatifs. Selon Jean-Claude Malet, « une mise en commun pluridisciplinaire de l’expérience et du savoir-faire est souvent nécessaire pour mener à bien ces recherches ». Pour lui, la Commission des essais biologiques (CEB), qui a pour mission de mettre au point des méthodes d’expérimentation pourrait être la structure qui mettrait au point ces protocoles expérimentaux.

Remettre à plat les référentiels concernant les alternatives aux pesticides
« Une jungle d’informations au sujet des techniques économes en pesticides est disponible suite à de nombreux travaux menés de leur côté par différents organismes », a fait remarquer Yves Monnet. Selon lui, il faut remettre à plat l’ensemble de ces références, avec plus de 2000 documents techniques diffusés auprès des agriculteurs et conseillers pour les grandes cultures et la vigne entre 2006 et 2009 dans le cadre du plan Ecophyto. « Un travail de synthèse considérable reste à conduire, à plus forte raison lorsqu’il doit être adapté, comme le prévoit l’article 18 de la directive cadre, aux échanges d’informations et de bonnes pratiques », a indiqué Yves Monet. Ce dernier fait référence à la directive 2009/128/CE du 21 octobre 2009 instaurant un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable. Enfin, Yves Monet a insisté sur la nécessité de former au mieux les « vecteurs de transmission » de ces nouvelles méthodes, c’est-à-dire les conseillers. Ces derniers doivent accompagner les producteurs agricoles dans la mise en œuvre de méthodes alternatives économes en produits phytosanitaires, tout en les comparant avec les moyens de lutte conventionnels.

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