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Phytosanitaires Recenser les pratiques de protection des cultures pour les faire évoluer

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Lors d’un colloque restituant des travaux de recherches sur le thème « Pesticides, utilisation et réduction des risques », à Tours le 24 mars, des chercheurs ont présenté leurs résultats en matière de réduction de l’utilisation d’intrants en agriculture. L’objectif étant de répondre aux exigences du plan Ecophyto, réduction de 50% de l’utilisation de pesticides d’ici à 2018, en croisant les expériences des centres de recherche et instituts techniques.

«Caractériser l’évolution des pratiques agricoles, les freins à leur changement ainsi que les modes de conseil en agriculture sont les objectifs de notre étude », a introduit Laurence Guichard, chercheuse à l’Inra de Grignon. L’étude a été menée en collaboration avec les instituts techniques afin de mutualiser les bases de données et les avancées en matière de recherche sur l’amélioration des pratiques culturales.

Des indicateurs mesurant l’efficacité des pratiques agricoles
« Quatre indicateurs d’utilisation des pesticides ont été étudiés. Sur un cycle de production, le nombre de traitement à l’hectare et les volumes de substances actives utilisées, ainsi que les indices de fréquences de traitement (IFT) par produit commercial ou par substance active ont été les indicateurs retenus », a expliqué Laurence Guichard. Ces indicateurs ont été déclinés en catégories de produits (herbicides, fongicides), classes de toxicité et nature du produit (organique, minérale ou issue du vivant). En grandes cultures, les IFT varient beaucoup en fonction des espèces. « En colza, l’IFT est à 6 lorsque pour le maïs ou le tournesol il tourne autour de 2 », a indiqué Laurence Guichard. Selon elle, il est difficile d’observer une évolution dans l’usage des pesticides, les agriculteurs répondant plus à une logique de réponse aux contraintes rencontrées qu’à la refonte de leurs pratiques. On observerait cependant une baisse de l’usage des produits ayant une classe écotoxicologique parmi les moins favorables, à la faveur de la réglementation.

Certaines pratiques abaissent l’efficacité des traitements
« En colza, l’IFT se dégrade en raison de rotations courtes associées au non-labour », a montré Laurence Guichard. Elle poursuit : « Ces systèmes, souvent en rotation biennale colza/blé, montrent une forte dépendance aux pesticides, et se trouvent principalement dans les parcelles les plus grandes des exploitations ». De plus, l’étude a montré que dans ces systèmes les pesticides perdent en efficacité, ce qui a tendance à dégrader l’IFT pour les cultures de colza. Selon Laurence Guichard, l’allongement des rotations montrerait une meilleure efficacité des traitements sur les parcelles étudiées. Enfin, la chercheuse a signalé que ces résultats étaient compilés dans une base de données partagée avec les instituts techniques, ce qui devrait permettre de soutenir une réorientation du conseil en agriculture. De plus, cette étude permet d’apporter des indicateurs sur les pratiques agronomiques aux décideurs publics. Ces derniers pourront ainsi les comparer aux indicateurs concernant les impacts environnementaux et les relier si nécessaire. « Lors de cette étude, la capacité à faire vivre et à paramétrer des indicateurs tels que les IFT, en collaboration avec les instituts techniques, permet désormais de raisonner sur des bases communes », a conclu Laurence Guichard.

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