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Recherches en cours pour adapter la lutte biologique à la fraisiculture

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Frais'Nat met au point une solution de lutte biologique adaptée aux fraisiers Crédits : © Kathas Fotos/Pixabay

L’AOP nationale Fraises de France et Savéol mènent le programme de recherche Aphidius 2.0 pour trouver l’alternative aux traitements insecticides, basée sur la lutte biologique. Les résultats sont attendus pour 2024, date à laquelle les fraisiculteurs du l’Ouest et du Sud-Ouest pourront adopter cette solution.

La lutte biologique dans les serres de cultures, consistant à lâcher des insectes pour venir à bout des insectes ravageurs des plantes, est déjà bien maîtrisée, notamment dans le maraîchage. « Mais pour les fraises, les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des attentes », explique Estelle Postic, coordinatrice du projet Aphidius 2.0 et ingénieure R&D chez Frais’Nat, société créée par la coopérative Savéol et l’AOP nationale (AOPn) Fraises de France pour piloter la R&D en termes de contrôle biologique dans la fraisiculture. Or depuis ces dernières années, la réglementation a évolué : certains insecticides ne sont plus autorisés, et il est prévu que le produit Movento (Bayer) utilisé par les fraisiculteurs ne soit plus disponible à partir de 2024. « L’objectif est de permettre la substitution partielle ou totale d'un à trois traitements insecticides actuellement utilisés contre les pucerons des fraisiers », explique Estelle Postic.

En mars 2022, le projet Aphidius 2.0 voit le jour, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre de l’appel à projets Ecophyto-Maturation, en collaboration avec l’INRAe de Rennes (UMR IGEPP), Savéol et la Scaafel (coopérative), pour un montant de 300 K€ sur trois années. La co-entreprise Frais’Nat doit identifier les insectes adaptés, mener les tests, puis élever les insectes afin de pouvoir organiser des lâchers dans les serres des fraisiculteurs.

Alternative aux produits phytosanitaires

Frais’Nat a identifié des hyménoptères parasitoïdes capables de s’attaquer aux pucerons ravageurs des fraisiers, qu’elle a commencé à élever à Guipavas (Finistère), dans la serre expérimentale de Savéol Nature. « Concrètement, l’objectif est d’optimiser l’élevage des parasitoïdes en travaillant sur leur variabilité génétique et sur leur hôte d’élevage », indique Frais’Nat. Une autre solution, alternative ou complémentaire, consiste aussi à planter dans les serres des plantes capables d’attirer les pucerons, qui délaisseraient ainsi les fraisiers.

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Au-delà de l’enjeu de recherche, le programme porte aussi sur la dimension économique et technique de la mise en place de cette solution de lutte biologique. Le programme de recherche doit ainsi prendre en compte les contraintes des deux bassins principaux de fraisiculture, que sont l’Ouest et le Lot-et-Garonne.

En 2023, les premiers tests commenceront chez des fraisiculteurs de Savéol et de la Scaafel, en vue d’une commercialisation de la solution auprès des producteurs de l’AOPn en 2024. Cette AOP nationale a produit 27000 tonnes de fraises en 2021, soit 45% de la production nationale de fraises.