La faille de ce qui a été obtenu le 14 mars à Bruxelles, pour réguler les marchés, celui du lait en l’occurrence, n’a échappé à personne. Soit on régule sur tout le marché unique, soit on ne régule nulle part. Et surtout, on évite de restreindre notre production alors même que nos concurrents se mettent plus que jamais à cracher du lait, soit pour livrer à l’intervention, soit pour prendre nos parts de marché.
Par cette probable renationalisation de la Politique agricole commune, sur un secteur aussi important qu’est le lait, le conseil agricole du 14 mars a, en quelque sorte, scellé le sort de la Pac. Celle-ci est moribonde, submergée par trop de pays membres, étouffée par trop d’intérêts divergents.
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Que faut-il faire alors, sans se bercer d’illusions sur ce qui peut advenir de cette « régulation » ? Sans doute, moderniser au maximum et restructurer les exploitations de production laitière. Personne ne veut le dire tout haut mais beaucoup le murmurent tout bas : il existe entre 10 000 et 20 000 exploitations laitières qui risquent de ne pas répondre au pari de la compétitivité dans les années à venir. Pour eux, comme d’ailleurs pour pas mal de producteurs de porcs ou de bovins, il faut commencer à parler de plan de reclassement. Leur permettre de quitter la production dans des conditions économiques correctes plutôt que de désespérer encore pendant des années. Plutôt que de leur laisser croire que les mesures du 14 mars vont permettre de retrouver la situation antérieure. La Pac bouge encore : il faut utiliser le temps disponible pour refaire de l’agriculture française une des plus performantes du monde.