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Récolte 2018 : le maïs s’est montré résilient

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L’AGPM (producteurs de maïs) a souligné le 24 octobre la résilience du maïs, dont le rendement de 93,2 q/ha est « honorable » malgré la sécheresse. 2018 montre une fois de plus l’importance de l’irrigation, selon le syndicat qui réclame « une ambitieuse politique de stockage de l’eau ».

« L’irrigation a démontré son utilité », a déclaré en conférence de presse le président Daniel Peyraube, notant aussi l’effet du progrès génétique sur le maintien du rendement 2018. Arvalis estime la récolte de maïs grain à 11,8 millions de tonnes, avec 93,2 q/ha (contre 95,9 q/ha en moyenne quinquennale). Des performances quasi-records apparaissent en zones irriguées, grâce à un fort ensoleillement. Plus de 19 tonnes/hectare sont ainsi relevées sur quelques exploitations, en particulier dans la vallée de la Dordogne, d’après le responsable Environnement Gilles Espagnol. Mais globalement, une grande hétérogénéité domine. Entre 50 000 et 70 000 hectares sont concernés par un transfert du maïs grain vers le fourrage, essentiellement dans le quart nord-est, pour faire face à la sécheresse.

L’attente d’un « déblocage » avec les Assises de l’eau

« Il est nécessaire aujourd’hui d’avoir une politique de développement du stockage de l’eau », a considéré Eric Frétillère, président d’Irrigants de France. Des « signes positifs » sont émis mais « concrètement, rien n’est fait », selon lui. Exemple avec la mission d’information sur la ressource en eau, conduite jusqu’en juin par les députés Adrien Morenas et Loïc Prud’homme : « On sent une volonté de déblocage de la situation », a-t-il indiqué. L’organisation attend beaucoup de la deuxième phase des Assises de l’eau, reportée fin novembre, notamment que l’instruction des dossiers soit facilitée. Coïncidence du calendrier, le Congrès du maïs se tiendra dans la foulée, les 21 et 22 novembre à Mulhouse. Irrigants de France y organisera son assemblée sur le thème de « la gestion de l’eau, du local à l’Union européenne ». Une occasion de souligner que la France est le deuxième pays, derrière la Norvège, en termes d’abondance des ressources en eau, mais le dernier en Europe pour ce qui est de leur utilisation, d’après Eric Frétillère.

Semences : une annonce « insuffisante » sur le TODE

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Côté maïs semence, les surfaces de 60 620 hectares ressortent en hausse (+4,5 %), après trois années de baisse. Les résultats techniques apparaissent légèrement au-dessous de l’objectif de production (rempli à 97 %). Ils ont été pénalisés par un excès d’eau au printemps. La France représente 44 % des surfaces de l’UE et demeure numéro un mondial à l’export. Très employeur de main d’œuvre occasionnelle, le secteur redoute les effets de la suppression du CICE (crédit d’impôt) et du dispositif d’exonération TODE. Si le gouvernement s’est dit favorable, le 23 octobre, à une exonération jusqu’à 1,15 Smic, les maïsiculteurs jugent l’annonce « insuffisante ». « On demande que notre main-d’œuvre en 2019 ne coûte pas plus cher qu’en 2018 », a insisté Pierre Blanc, président de l’AGPM maïs semence.

Concernant le maïs doux, les surfaces augmentent pour la deuxième année consécutive, à 23 150 hectares (+11,5 %). Le résultat technique s’annonce un peu inférieur à l’objectif de production, malgré une contre-performance des semis précoces que compensent les meilleurs rendements des semis tardifs. Avec près de 1 500 hectares, le bio poursuit son développement, atteignant 6,5 % des surfaces.

D’un point de vue valorisation, le maïs bénéficie de meilleurs prix de vente par rapport à l’an dernier. Avec 168 €/t rendu Bordeaux en base juillet, ce différentiel représente « une vingtaine d’euros de plus », d’après les chiffres de l’AGPM. Les cours subissent toutefois la pression des importations, en particulier d’origine Ukraine, mais aussi Roumanie, Bulgarie. Cette année, les maïsiculteurs profitent aussi de coût de séchage en baisse, la récolte affichant un taux d’humidité de 20 à 22 % contre 26 à 28 % habituellement. Cela représente 7 à 8 €/t d’économie.

L’irrigation et le progrès génétique ont soutenu les rendements