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Récolte des tournesols : les pluies mettent agriculteurs et OS sous tension

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Si le retard des récoltes des tournesols diffère selon les régions, il était, partout, assez exceptionnel mi-octobre. En Poitou-Charentes et en Vendée, à peine une parcelle sur deux est moissonnée au 23 octobre. « Les semis ont été perturbés par les pluies, repoussant certains chantiers en juillet, constate Elodie Tourton, responsable régionale pour Terres Inovia. Les précocités des variétés n’ont pas toujours été ajustées et le manque de chaleur estival n’a pas permis de rattraper le retard. Résultat : certaines parcelles sont encore vertes. Une chose est sûre : tout ne sera pas récolté ! Certaines parcelles vont être broyées pour pouvoir implanter des céréales. Mais encore faut-il pouvoir entrer dans les champs ! »

En Lorraine aussi, le constat est amer. Dans certains secteurs, seuls 20 % des hectares ont pu être récoltés : 80 % dans les meilleures situations. « Les fenêtres climatiques propices pour entrer dans les sols gorgés d’eau sont peu nombreuses, précise Aurore Baillet, de Terres Inovia. Les rendements aussi font le grand écart. La moyenne de certaines exploitations ne devrait pas dépasser les 10 q/ha. En cause notamment une forte nuisibilité des maladies, arrivées précocement. Cette situation génère beaucoup de stress chez les agriculteurs d’autant que la récolte du tournesol entre désormais en concurrence avec celle du maïs. »

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Chez les OS, la gestion de ces flux est compliquée, notamment pour les opérations de séchage : les volumes arrivant par vagues. Si l’idéal est de récolter des tournesols autour de 10-12 % d’humidité, certains tournesols l’ont été à 19, voire 20 %. « Au-delà de 15 %, cela devient plus compliqué, rappelle Elodie Tourton. La végétation humide peut entraîner des bourrages dans la trémie. » Ces décalages dans les chantiers de moisson d’automne compliquent bien évidemment ceux des semis de céréales : le retard est déjà important partout en France. Seul point positif de ce climat atypique : les colzas sont, pour l’heure, plutôt bien installés, avec des biomasses satisfaisantes.

Les rendements aussi font le grand écart